"Excusez-moi de vous le dire comme ça !" : le Défenseur des droits s'agace face à des députés LREM à propos de la loi Asile

Jacques Toubon a été critiqué par les élus de la majorité pour sa "vision caricaturale", selon eux. Il leur a répondu vertement en commission des lois.

Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, le 17 octobre 2017 à Paris.
Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, le 17 octobre 2017 à Paris. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Le débat a été tendu entre Jacques Toubon et les députés de la majorité. Le Défenseur des droits a haussé le ton à plusieurs reprises, mercredi 11 avril, lors du travail en commission des lois, avant la présentation du projet de loi Asile et immigration.

"Je peux comprendre cette avalanche de visions négatives mais à ce point-là, il n'y aurait pas quand même à rééquilibrer un peu la vision ?", a ainsi lancé Rémy Rebeyrotte, élu de La République en marche dans le département de Saône-et-Loire, demander à Jacques Toubon "d'avoir une vision un peu moins caricaturale". Et le Défenseur des droits de s'emporter : 

Il n'y a pas de caricature à proclamer les droits fondamentaux. Si les droits fondamentaux sont caricaturaux, à ce moment-là, il y a un problème !Jacques Toubonen commission des lois

"Ce qui me surprend, c'est de mettre en opposition le principe de réalité et les droits fondamentaux", a ensuite regretté Coralie Dubost, députée de l'Hérault. "Les droits fondamentaux ne peuvent pas être relatifs", lui a répondu Jacques Toubon. "En termes de droit inconditionnel à l'hébergement, ce n'est pas une bonne approche de dire : 'non, ce droit n'est pas inconditionnel, nous allons l'adapter au nombre de places qui existent dans le département'."

Alors que l'élue de la majorité lui reprochait également "une caricature", le Défenseur des droits s'est à nouveau énervé. "Le fait de ne pas sélectionner les gens qui seront dans les centres d'hébergement, ce n'est pas abstrait, c'est la vie la plus concrète. C'est de savoir si je passe la nuit dans la rue ou au chaud." Et Jacques Toubon de conclure : "Excusez-moi de vous le dire comme ça !"