Vendée : des habitants de Noirmoutier se mobilisent contre l'expulsion d'un migrant

Les habitants de Noirmoutier (Vendée) se mobilisent pour éviter l'expulsion de Sifat, un migrant afghan arrivé il y a un an sur l'île, alors qu'il doit être expulsé le 3 novembre.

Sifat (au centre), 26 ans, entouré de quelques-uns de ses amis noirmoutrins.
Sifat (au centre), 26 ans, entouré de quelques-uns de ses amis noirmoutrins. (EMMANUEL SERAZIN / RADIO FRANCE)

Des habitants de Noirmoutier, en Vendée, se mobilisent pour éviter l'expulsion de Sifat, un migrant afghan, rapporte France Bleu Loire Océan, vendredi 27 octobre. Le jeune homme âgé de 26 ans est présent sur l'île depuis un an. Il dispose d'un logement stable, d'une promesse de CDI et s'est fait de nombreux amis grâce au milieu associatif. Pourtant, il doit être expulsé le 3 novembre.

Parmi les premiers à quitter Calais

Sifat fait partie des premiers volontaires qui ont accepté de monter dans les bus, lors du démantèlement de la jungle de Calais, le 24 octobre 2016. Le jeune homme est arrivé à Noirmoutier, où il a été pris en charge par l'État pendant six mois, le temps d'examiner sa demande d'asile. Sa demande de régularisation par le travail, déposée par ses amis noirmoutrins, a été refusée par la Préfecture de la Vendée.

L'obligation de quitter le territoire français a été enclenchée, notamment parce que Sifat n'a pas répondu à deux courriers envoyés cet été. La raison est simple, ils ont été adressés à l'association qui accompagnait le jeune Afghan à son arrivée. Elles ne lui ont jamais été transmises.

Reportage France Bleu Loire Océan
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À Noirmoutier, Sifat s'est mis au français. Aujourd'hui, il le comprend très bien, le parle assez bien et commence à l'écrire. Quand l'État a cessé de prendre en charge le jeune homme avant l'été, celui-ci a été accueilli dans un studio indépendant chez un couple de retraités. En échange, il rend quelques services comme jardiner, faire la cuisine ou les courses.

Sifat, garagiste en Afghanistan, dispose aussi d'une promesse de CDI. Christophe Mathé, maçon, désire l'embaucher et lui apprendre le métier. Le contrat est déjà rédigé : "Vu la vitesse à laquelle il a appris à parler le français et son intégration dans le milieu associatif, je suis convaincu", assure Christophe Mathé à France Bleu Loire Océan.

Une autre amie de Sifat, Bénédicte, est libraire à Noirmoutier. Elle ne comprend pas cette situation : "Ce qui me désole, c'est que quand on a un dossier complet, un contrat de travail à durée indéterminée, un hébergement stable, des amis stables, on n'obtienne pas gain de cause."

Sifat s'est fait de nombreux amis, mais aucun n'appartient à une association d'aide aux migrants ou à un mouvement politique. Tous se mobilisent à titre personnel, par amitié, mais "nos moyens sont faibles", reconnaît Bénédicte la libraire.

Quant au jeune garçon, il sait qu'il est beaucoup trop dangereux de rentrer dans son pays. Alors, si la préfecture de Vendée n'entend pas la demande de ses amis, il sera contraint de quitter Noirmoutier pour retourner à Calais et tenter à nouveau de rejoindre l'Angleterre. En abandonnant derrière lui toit, CDI et amis.