Migrants évacués à Paris : le Défenseur des droits ouvre une enquête

Saisi par le Groupe d'information et de soutien des immigrés, Jacques Toubon "a immédiatement ouvert une instruction sur les faits rapportés".

Des CRS évacuent un migrant près de la halle Pajol, à Paris, le 8 juin 2015.
Des CRS évacuent un migrant près de la halle Pajol, à Paris, le 8 juin 2015. (LAURENCE GEAI / SIPA)

Il demandait "des garanties" il y a une semaine, dans un communiqué, et engage désormais une procédure. Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, annonce l'ouverture d'une enquête, mardi 9 juin, sur l'opération d'évacuation de migrants survenue la veille dans le 18e arrondissement de Paris, près de la halle Pajol. 

Plusieurs associations, militants et élus ont dénoncé, à la suite de cette opération, des "violences policières". Saisi par le Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti), Jacques Toubon "a immédiatement ouvert une instruction sur les faits rapportés"

Le gouvernement "agit avec humanité", selon Cazeneuve

Pascal Julien, élu EELV du 18e arrondissement, fait partie de ces élus situés à la gauche du PS qui critiquent les méthodes employées par les forces de l'ordre. Contacté par francetv info lundi, à la sortie du poste de police, il dénonce la "ligne dure des autorités" et la "tactique des forces de l'ordre" qui ont conduit aux violences. "Les forces de l'ordre ont usé de techniques de compression, en poussant comme une équipe de rugby pour extraire à chaque fois une seule personne, mais cela a provoqué des évanouissements", dit-il.

Interrogé mardi à l'Assemblée nationale par la députée écologiste de Dordogne Brigitte Allain, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, s'est montré solidaire des CRS. Selon lui, le gouvernement agit "avec humanité" et "responsabilité" sur ce dossier. Près de 350 migrants continuent de jouer au chat et à la souris avec les policiers dans le nord de la capitale depuis le démantèlement du campement de la Chapelle et de la halle Pujol.