Migrants en Méditerranée : MSF dénonce des tensions toujours plus fortes avec les garde-côtes libyens

Ces dernières semaines, les tensions n'ont cessé d'augmenter entre les garde-côtes libyens et les migrants - toujours plus nombreux - interceptés en pleine mer Méditerranée. MSF dénonce des "tirs" et déplore la situation.

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Radio France
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Le gardes-côtes libyens sont de plus en plus violents envers les migrants ces dernières semaines selon MSF. (CHRISTOPHE PETIT TESSON / MAXPPP)

La situation migratoire se dégrade en Méditerranée et particulièrement en Libye où le contexte est tel qu'on parle désormais de violence envers les migrants. Ce sujet de la migration sera d’ailleurs au menu du sommet européen qui débute aujourd'hui, jeudi 24 juin, à Bruxelles.

L'ONG Médecins sans frontières a même décidé de suspendre ses activités dans deux centres de détention à Tripoli. C’est là qu’arrivent les réfugiés interceptés en mer par les garde-côtes libyens en vertu de l’accord avec l’Union européenne.

14 000 migrants interceptés depuis le début de l'année

MSF décrit une situation qui s’aggrave avec des violences répétées depuis le début de l’année dans ces centres de détention. Une violence qui s’intensifie ces derniers jours comme l'explique Ouna Curry, en charge des opérations médicales en Libye pour Médecin sans frontières. Selon elle, après une période d'augmentation de tensions entre les nouveaux arrivés et les gardes, ces derniers ont fini par "ouvrir le feu sur les détenus".

Toujours selon MSF, cette situation est la conséquence de la forte augmentation du nombre de migrants interceptés en mer par les garde-côtes libyens puis ramenés de force dans le pays. Depuis janvier, on parle de 14 000 personnes, c'est plus que sur toute l’année 2020. Une fois interceptées, ces personnes sont envoyées dans des camps où les conditions de vie sont inhumaines.

"Ce sont des conteneurs métalliques sans fenêtre. Les gens sont coincés à l'intérieur. Habituellement il y a entre trois et quatre personnes par mètre carré."

Ouna Curry, MSF

franceinfo

Ouna Curry met en cause l’Union européenne qui finance et forme les garde-côtes libyens depuis 2017 pour fermer la route vers l’Europe : "Le financement de l'Union européenne est directement impliqué dans ce système de détention inhumaine en Libye".

Avec cette suspension de ses activités, MSF espère ouvrir des négociations avec les autorités libyennes et veut attirer l’attention de la communauté internationale et en particulier celle de l’Europe.

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