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Migrants à Paris : "Je souhaite que l'Etat prenne ses responsabilités"

Ian Brossat, adjoint à la mairie de Paris en charge du logement souhaite que l'Etat "prenne ses responsabilités" et a demandé "une opération de mise à l'abri" pour les migrants installés dans les campements de la capitale.

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Radio France
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 (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a dénoncé, mercredi 23 mai dans un communiqué, une "carence" de la Ville de Paris, qui refuse d'organiser l'évacuation des campements de la capitale, et dit avoir demandé à la préfecture "de concevoir les modalités d’une opération d’évacuation, à mener dans un bref délai".

Actuellement plus de 2 300 personnes seraient installées dans ces campements dont plus de 1 500 pour le seul campement dit "du Millénaire" porte de la Villette dans le 19e arrondissement.

Des propos qui font réagir Ian Brossat, adjoint à la mairie de Paris en charge du logement, de l'habitat durable et de l'hébergement d'urgence. Invité mercredi sur franceinfo, il a trouvé les mots du ministre de l'Intérieur "curieux" et "hallucinants".

Il a dit souhaiter que l'Etat "prenne ses responsabilités" et a demandé "une opération de mise à l'abri". Pour Ian Brossat, "si on s'en tient à une simple opération d'évacuation, c'est-à-dire une opération d'éparpillement, on a un risque de reconstitution de campement peu de temps après".

franceinfo : Dans son communiqué, le ministère de l'Intérieur "prend note du refus de la Ville de demander l'évacuation de son domaine public et demande par conséquent au préfet de police de pallier cette carence", quelle est votre réponse ?

Ian Brossat : Je trouve que les propos de Gérard Collomb sont assez curieux et hallucinants. Ça fait maintenant des semaines que la ville de Paris tire la sonnette d'alarme, ça fait des semaines que plus de 2 500 personnes dorment à même le sol dans les rues de la capitale et ça fait des semaines que nous demandons une opération de mise à l'abri. La mise à l'abri c'est une compétence de l'Etat d'ailleurs, c'est écrit sur le site du ministère de l'Intérieur, je regrette que Gérard Collomb ne le consulte pas, ça lui permettrait de connaître la réalité des compétences de son ministère. Je souhaite que l'Etat prenne ses responsabilités. Depuis trois ans à Paris, il y a eu plus de 30 opérations de mise à l'abri, elles ont toutes été conduites par l'Etat en coopération avec la ville, je ne comprends pas pourquoi ce qui était possible avant n'est plus possible aujourd'hui.

Est-ce qu'évacuation d'un campement veut dire automatiquement mise à l'abri ?

C'est toute la question. Ce que nous souhaitons, nous, ville de Paris avec les associations, c'est une opération de mise à l'abri inconditionnelle des 2 500 personnes qui sont actuellement à la rue. Quel est le risque ? C'est que si on s'en tient à une simple opération d'évacuation, c'est-à-dire une opération d'éparpillement, on a un risque de danger - car éparpiller des gens à côté d'un canal c'est dangereux - et on a un risque de reconstitution de campement peu de temps après. Le mieux placé pour éviter la reconstitution de campement, c'est le gouvernement.

Est-ce que mise à l'abri veut dire places d'hébergement ? Si oui, combien ? En faudrait-il plus ?

Depuis maintenant trois ans, nous avons créé 2 500 places d'hébergement supplémentaires dans Paris. Par ailleurs, la maire de Paris, Anne Hidalgo, a aussi proposé six sites - qui appartiennent à la capitale - et sur lesquels il serait possible de faire de l'hébergement d'urgence à destination de ces personnes. Qu'attend l'Etat ? Qu'attend Gérard Collomb pour se saisir de cette possibilité ?

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