Migrants : à Lesbos, le pape appelle à mettre fin à un "naufrage de civilisation"

Il a interpellé les dirigeants européens dont il a déporé l'indifférence. 

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France Télévisions
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Le pape François prononce un discours sur l'île de Lesbos (Grèce), le 5 décembre 2021. (LOUISA GOULIAMAKI / ANADOLU AGENCY via AFP)

Le pape François a appelé à mettre fin à un "naufrage de civilisation", dimanche 5 décembre, lors d'un discours au camp de migrants de Mavrovouni à Lesbos. Il revenait sur cette île grecque emblématique de la crise migratoire, cinq ans après sa première visite. La Méditerranée "est en train de devenir un cimetière froid sans pierres tombales", a-t-il déclaré. "Ne permettons pas que la mare nostrum se transforme en une désolante mare mortuum, que ce lieu de rencontre devienne le théâtre de conflits !", a lancé le souverain pontife devant des migrants.

Visiblement ému, le pape a appelé à "regarder le visage des enfants". "Ayons le courage d'éprouver de la honte devant eux, qui sont innocents et représentent l'avenir", a-t-il exhorté. "Ne fuyons pas trop vite les images crues de leurs petits corps gisants sur les plages". Fustigeant à nouveau le "repli sur soi et les nationalismes", le pape a appelé à "ne pas tourner le dos à la réalité", attaquant avec force "l'indifférence qui tue, le désintérêt cynique qui, avec ses gants de velours, condamne à mort ceux qui sont en marge."

Le pape dénonce la construction de murs

Le pontife a aussi jugé "triste d'entendre proposer comme solution l'utilisation de fonds communs pour construire des murs", car "ce n'est pas en élevant des barrières que l'ont résout les problèmes". Il a estimé "en revanche nécessaire d'accompagner les processus de l'intérieur pour surmonter les ghettoïsations et de favoriser une intégration lente et indispensable", avant de dire un Ave Maria, repris par l'assistance.

Quelques minutes plus tôt, le pape avait été accueilli par un bain de foule par des migrants qui s'étaient massés entre les conteneurs et les tentes du camp. Dans une ambiance très chaleureuse, il a longuement salué et béni les familles présentes, parmi lesquelles de nombreux enfants. Il a aussi distribué des présents aux migrants, comme un chapelet remis à un sexagénaire d'Afghanistan, avant de reprendre l'avion pour Athènes où il doit célébrer une messe devant 2 500 fidèles.

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