La France devient le "premier pays" d'Europe pour les demandes d'asile, selon Christophe Castaner

Selon une source au ministère de l'Intérieur, 120 900 demandes avaient été enregistrées en France au 17 novembre, contre 119 900 en Allemagne. En 2015, l'Allemagne recevait plus de dix fois plus de demandes d'asile que la France. 

Le ministre de l\'Intérieur, Christophe Castaner, à la sortie du palais de l\'Elysée, le 20 novembre 2019. 
Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, à la sortie du palais de l'Elysée, le 20 novembre 2019.  (MARIE MAGNIN / HANS LUCAS / AFP)

C'est un renversement "symbolique", souligne-t-on place BeauvauPour la première fois depuis le début de la crise migratoire, en 2015, la France a dépassé l'Allemagne pour devenir le "premier pays" en matière de demandes d'asile en Europe, a affirmé jeudi 21 novembre le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner.

Il y a quatre ans à peine, au plus fort de cette crise nourrie par les flux créés par le conflit syrien, la France avait enregistré 80 075 demandes d'asile, selon les chiffres de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). L'Allemagne avait reçu en même temps quelque 890 000 demandes, soit plus de dix fois plus.

Aujourd'hui, "on constate que la France est devenue depuis le 20 octobre le premier pays de demandeurs d'asile d'Europe, alors même que les entrées en Europe continuent de baisser. Ce qui est donc une anomalie statistique, sur laquelle nous devons travailler", a expliqué le ministre de l'Intérieur.

"Une demande de rebond"

Selon une source au ministère de l'Intérieur, 120 900 demandes avaient été enregistrées en France au 17 novembre, contre 119 900 en Allemagne. L'an dernier encore, 184 000 personnes avaient demandé l'asile en Allemagne contre 123 000 en France.

Ce renversement s'explique notamment par le fait que la France accueille "une demande de rebond", c'est-à-dire que les personnes migrantes ayant "échoué ailleurs viennent introduire une requête" dans l'Hexagone, souligne cette source. "C'est la raison pour laquelle nous sommes engagés au niveau européen pour une réforme de l'asile et de Schengen."

Des mesures pour inverser la tendance

Pour faire baisser ces demandes d'asile, qui devraient augmenter de "10 à 15%" en 2019 en France, selon une autre source ministérielle, le gouvernement a proposé plusieurs mesures dans le cadre de son plan immigration, début novembre. 

Il a notamment proposé d'accélérer le traitement de ces demandes, d'instaurer un délai de carence de trois mois dans l'accès à la sécurité sociale de base pour les demandeurs d'asile, ou encore de prendre des mesures d'éloignement dès le refus du dossier à l'Ofpra, sans attendre l'étude d'un éventuel recours.

"Ce sont des messages que nous voulons envoyer aux ressortissants étrangers pour montrer que la France veut prolonger et porter haut et fort le besoin de protection, mais pour les personnes qui doivent être protégées, pas pour les personnes qui veulent détourner le droit de protection", a déclaré Christophe Castaner jeudi.