L'Espagne propose d'accueillir le navire "Aquarius" et ses 629 migrants

"Il est de notre obligation d'aider à éviter une catastrophe humanitaire et d'offrir un 'port sûr' à ces personnes", explique le gouvernement espagnol. Le navire, qui avait été refusé par Italie et Malte, doit accoster à Valence. 

L\'\"Aquarius\", le 6 mai 2018, en Méditerranée. 
L'"Aquarius", le 6 mai 2018, en Méditerranée.  (LOUISA GOULIAMAKI / AFP)

Peut-être la fin de l'errance pour l'Aquarius. L'Espagne a accepté, lundi 11 juin, d'accueillir le navire transportant les 629 migrants secourus au large de la Libye, dont le sort était l'enjeu d'un bras de fer entre Malte et l'Italie, qui refusaient tous deux de le laisser accoster. Il lui faudrait néanmoins plusieurs jours à atteindre les côtes ibériques, puisqu'il est actuellement à 700 miles nautiques (1 300 kilomètres) des côtes. 

Mais lundi soir, l'ONG SOS Méditerranée, qui affrète l'Aquarius, indiquait sur Twitter que le navire se trouvait "toujours en stand-by entre Malte et l'Italie", et attendait un ordre du centre de coordination des secours de Rome pour faire route vers l'Espagne. Il a été ravitaillé en nourriture par la marine maltaise, mais ces vivres ne suffiront pas pour un trajet vers l'Espagne.

Devoir "humanitaire"

"Le président du gouvernement, Pedro Sanchez, a donné des instructions pour que l'Espagne honore les engagements internationaux en matière de crise humanitaire et a annoncé qu'elle accueillerait dans un port espagnol le navire Aquarius dans lequel se trouvent plus de 600 personnes abandonnées à leur sort en Méditerranée", indique le  communiqué de la présidence du gouvernement espagnol.

"Il est de notre obligation d'aider à éviter une catastrophe humanitaire et d'offrir un 'port sûr' à ces personnes", ajoute le communiqué, en précisant que le port de Valence avait été choisi comme destination de l'Aquarius

Le navire était, avant l'annonce de Pedro Sanchez, au centre d'un bras de fer entre la petite île méditerranéenne et l'Italie, qui ont décidé tous deux de fermer leurs ports malgré les appels internationaux à accueillir ces migrants. "VICTOIRE", s'est réjoui sur Twitter le nouveau ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, après l'annonce de l'Espagne.

La Commission européenne a notamment appelé à un "règlement rapide" de ce bras de fer en Méditerranée, tout comme un porte-parole du gouvernement allemand, qui en a appelé au devoir "humanitaire" et au sens de la responsabilité de toutes les parties.

Le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (UNHCR) s'était lui montré plus direct en enjoignant Malte et l'Italie à autoriser "immédiatement" le débarquement de ces 629 migrants, dont sept femmes enceintes, 11 enfants en bas âge et 123 mineurs isolés.