Immigration : "Je n'ai jamais pensé que les quotas étaient la seule réponse", car "la France doit rester un pays d'accueil", assure Nicole Belloubet

La ministre de la Justice était l'invitée de France Inter, mercredi 6 novembre.

La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, invitée de France Inter mercredi 6 novembre 2019.
La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, invitée de France Inter mercredi 6 novembre 2019. (RADIO FRANCE)

"Je n'ai jamais pensé que les quotas étaient la réponse, la seule réponse" à la question de l'immigration en France : voilà la position défendue, mercredi 6 novembre, par la ministre de la Justice Nicolle Belloubet sur France Inter. Elle réagit au projet du gouvernement d'instaurer des quotas d'immigration professionnelle d'ici 2021, pour répondre aux besoins de main-d'oeuvre des secteurs "en tension".

"La France est une terre d'accueil"

"Le Premier ministre organise un comité interministériel, et donnera tout à l'heure [mercredi 6 novembre] la version qu'il souhaite mettre en œuvre" sur la question des quotas, a-t-elle ajouté.

"Pour moi la philosophie, c'est que la France est une terre d'accueil, une terre d'accueil, ça ne veut pas dire qu'on peut faire n'importe quoi. La solution repose sur une prise en compte européenne. Elle repose sur l'aide publique au développement. Dans cette politique-là, la France doit être une terre d'accueil".

"Je ne crois pas que ce soit la réponse"

"Ce que j'ai lu sur les pays qui ont instauré les quotas obligatoires, ça n'a jamais marché. Je ne crois pas que ce soit la réponse. En revanche, il me semble que se donner des lignes directrices, pour dire que la France a besoin de tel ou tel type d'emplois, ce n'est pas, me semble-t-il, être dans la même philosophie" que les quotas, expliquen Nicole Belloubet.

On peut "dire que la France manque de personnes dans tel ou tel secteur, se donner des lignes directrices, ce n'est pas imposer des quotas obligatoires. Ce que doit rester la France, c'est un pays d'accueil", a soutenu la garde des Sceaux.

Ne peut-on pas dire tout simplement que nous avons des besoins dans telle ou telle filière ? Ces besoins peuvent être pourvus, soit par des formations pour des personnes françaises, soit par de l'accueil de personnes venant d'autres nationalitésNicole Belloubet, ministre de la Justiceà France Inter

Nicole Belloubet "souhaite qu'on accueille de la meilleur façon possible les personnes qui se présentent à notre frontière, à partir du moment où elles ont, au choix, des qualités qui correspondent à ce qu'est un demandeur d'asile, ou bien qu'elles offrent une possibilité en matière économique, ou encore si ce sont des étudiants. Nous avons besoin dans notre politique d'accueil d'avoir des gens qui viennent se former en France : je ne vois pas où il y a là un problème éthique ou idéologique".

Équilibre entre "intégration" et "mécanismes de fraude"

Le gouvernement entend durcir la politique de regroupement familial, pour lutter contre les abus (par exemple les hommes reconnaissant des enfants qui ne sont pas les leurs dans le but de leur donner un titre de séjour). La ministre de la Justice ne sait pas combien de cas sont concernés : "Je n'ai pas les chiffres, je considère que dans cette question d'immigration, et je le redis, on doit être un pays d'accueil. Il faut éviter les fraudes par rapport aux règles que nous posons et cela suppose un équilibre, entre l'accueil et l'intégration d'une part et des mécanismes de fraudes qui peuvent être palliés et refusés".