"Il n'y a pas une crise des migrants, il y a une crise de l'accueil" : Monseigneur Gaillot participe à la "marche solidaire"

L'ancien évêque d’Evreux, Monseigneur Jacques Gaillot, a estimé, lundi sur franceinfo, que la Marche de la solidarité pour les migrants que "c'est beau" de voir "des citoyens" se dresser "pour accompagner des migrants et les aider".

Monseigneur Jacques Gaillot répond aux journalistes devant le Palais de Justice d?Evreux, le 19 septembre 2005. (Photo d\'illustration)
Monseigneur Jacques Gaillot répond aux journalistes devant le Palais de Justice d?Evreux, le 19 septembre 2005. (Photo d'illustration) (ROBERT FRANCOIS / AFP)

La Marche de la solidarité pour les migrants, qui doit relier Vintimille en Italie à Douvres, et aller "probablement" jusqu'à Londres, débute lundi 30 avril. Des dizaines de bénévoles, de militants et d'associations vont en profiter pour mener des actions, sensibiliser l'opinion sur la question des migrants. Sur franceinfo monseigneur Jacques Gaillot, ancien évêque d’Evreux, estime que la France n'est "plus une terre d'accueil, hélas".

franceinfo : Pourquoi participez-vous à cette marche ?

Jacques Gaillot : Cela fait partie de mon combat habituel d'être solidaire des sans-papiers. En arrivant ici, je suis en admiration de voir tant d'hommes et de femmes qui se montrent solidaires des migrants, qui ouvrent leur cœur, leurs bras, leurs maisons pour les accueillir. Partout, il y a des citoyens qui se dressent pour accompagner des migrants et les aider. Ça, c'est beau.

Il fallait répondre aux militants d'extrême-droite qui mènent depuis une semaine des actions anti-migrants au col de l'Echelle, au-dessus de Briançon ?

Je leur conseille de rencontrer des réfugiés, de voir leurs visages, de leur donner la main, de parler avec eux et de se rendre compte qu'ils sont venus avec leur dignité, que personne n'a pu leur prendre. Cela fait partie d'eux. Ils viennent pour travailler, pour s'insérer dans notre pays. La misère du monde, elle reste dans leurs pays. Ils viennent vraiment avec leurs initiatives. C'est bon pour la France.

L'accueil est-il à la hauteur ?

Non, pas du tout. À Paris, j'ai honte du mauvais accueil qu'on leur donne. Il n'y a pas une crise des migrants, il y a une crise de l'accueil. Nous ne savons pas accueillir, nous ne sommes plus une terre d'accueil. Hélas.

Que faut-il faire ?

Il faut faire ce que tant de citoyens nous montrent actuellement. Ils ouvrent leur cœur et leur bras pour l'accueil des migrants. Dans la communauté où je suis à Paris, on accueille régulièrement des migrants que l'association Welcome nous adresse et je peux vous dire que les migrants sont une bénédiction pour ceux qui les accueillent.