Hausse des demandes d'asile en France : "Ce n'est ni un afflux massif, ni un afflux brutal", selon l'Ofpra

Pascal Brice, directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), a expliqué, lundi sur franceinfo, que seulement 43 000 des 100 000 demandes d'asile en France en 2016 ont été acceptées.

Préfecture de la Gironde, le 14 juin 2014 à Bordeaux.
Préfecture de la Gironde, le 14 juin 2014 à Bordeaux. (MAXPPP)

Si la barre symbolique des 100 000 demandes d'asile en France a été franchie en 2017, selon les chiffres de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), elle est due à une "augmentation régulière depuis dix ans" ainsi qu'une "persistance des conflits" et "la misère économique", a expliqué Pascal Brice, lundi 8 janvier sur franceinfo. Le directeur de l'Ofpra a également rappelé que 43 000 de ces demandes ont été accordées au titre du droit d'asile. 

franceinfo : Comment expliquer cette hausse de 17% en 2017 ?

Pascal Brice : Le chiffre de 100 000 demandes d'asile dans l'année, c'est évidemment marquant. Mais, ce n'est ni un afflux massif, ni un afflux brutal, c'est une augmentation régulière depuis dix ans. 17% d'augmentation d'une année sur l'autre représente encore deux fois moins qu'en Allemagne l'année passée [173 000 demandes d'asile enregistrées en Allemagne en novembre 2017]. Cela s'explique toutefois par la persistance de conflits, de guerres, de persécutions dans l'environnement de l'Europe, mais aussi par la misère économique qui pousse certaines personnes sur les routes de l'exil.

Vous relativisez la portée de ce chiffre. Est-ce que cela signifie que la France est capable de gérer cette situation ?

Oui. Encore une fois, c'est nettement moins qu'en Allemagne et cela ne nous a pas empêché à l'Ofpra de réduire très fortement nos délais d'instruction. Nous sommes à 3 mois et nous passerons à 2 mois dans l'année à la demande du Président de la République. Il faut encore améliorer les conditions de l'accueil, mais, oui, notre pays est capable d'accueillir 100 000 demandeurs d'asile au cours d'une année. C'est un niveau élevé. Il est représentatif des drames qui se déroulent dans le monde, mais nous sommes capables de faire face.

L'Albanie arrive en tête de ces demandes d'asile. Comment l'expliquez-vous ?

Cela s'explique très certainement par la situation économique et sociale dans ce pays. Seuls 6% des demandeurs d'asile albanais sont protégés en France, donc essentiellement des personnes qui ne relèvent pas du droit d'asile, mais qui fuient pour des raisons plus économiques. C'est aussi le cas pour les Haïtiens, nombreux en Guyane, également pour les ressortissants d'Afrique de l'Ouest. A l'inverse, vous avez des Syriens, des Afghans, des Soudanais du Darfour, des Erythréens qui, eux, relèvent de niveaux de protection très élevés au titre du droit d'asile.
Sur ces 100 000 demandes, 43 000 personnes ont pu être protégées au titre du droit d'asile dans notre pays.