Demandeurs d'asile : le coup de colère de l'Italie après l'abandon des quotas obligatoires

Le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, s'est emporté jeudi soir contre ses homologues européens durant un débat consacré aux migrants.

Le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, et le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, à Bruxelles (Belgique), le 25 juin 2015.
Le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, et le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, à Bruxelles (Belgique), le 25 juin 2015. (WIKTOR DABKOWSKI / AFP)

"Ou vous êtes solidaires, ou vous ne nous faites pas perdre notre temps." Matteo Renzi, le chef du gouvernement italien, a piqué une colère, dans la soirée du jeudi 25 juin, contre ses homologues européens. Tous participaient à un débat consacré aux migrants, et le dirigeant italien cherchait à obtenir leur engagement de prendre en charge les quelque 40 000 demandeurs d'asile arrivés en Italie et en Grèce depuis le 15 avril.

Les discussions ont duré plusieurs heures et ont été très tendues, car plusieurs pays d'Europe centrale (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie) veulent que cette répartition se fasse de manière volontaire.

Au final, l'accord stipule que les dirigeants de l'Union européenne "donnent leur accord à la relocalisation, sur deux ans, de 40 000 personnes arrivées en Italie et en Grèce et ayant besoin d'une protection provisoire, et à la réinstallation de 20 000 réfugiés". Il n'impose aucune obligation, contrairement à ce que demandait la Commission européenne. Mais "le mot volontaire n'est pas dans les conclusions" du sommet, s'est félicité Matteo Renzi.

"L'Europe n'est pas à la hauteur"

 "La discussion a été longue et a connu des moments de tension bien légitimes", a reconnu François Hollande. "J'ai seulement dit que si l'Europe est un lieu où nous ne parlons que de budget, ce n'est pas l'Europe à laquelle nous avons pensé lorsque nous l'avons créée en 1957 à Rome", a répliqué Matteo Renzi.

"Vu l'ampleur du phénomène, donner une perspective de vie à 60 000 personnes est un effort modeste. Cela prouve que l'Europe n'est pas à la hauteur des principes qu'elle déclame", a déploré le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, dépité par les modifications imposées à ses recommandations.