Calais : une salariée du Secours catholique et une journaliste brièvement arrêtées par la police aux frontières

Elles ont été libérées, tout comme les migrants mineurs qui se trouvaient avec elles.

Le Secours catholique à Calais (Pas-de-Calais), le 28 octobre 2016.
Le Secours catholique à Calais (Pas-de-Calais), le 28 octobre 2016. (THIERRY THOREL / CITIZENSIDE / AFP)

Elle emmenait se doucher plusieurs jeunes migrants de Calais, âgés de 15 à 18 ans. Une salariée du Secours catholique et Haydée Sabéran, journaliste à Libération, ont été brièvement arrêtées par la police aux frontières (PAF), ont indiqué le Secours catholique et la journaliste dans plusieurs tweets, mercredi 15 février. Haydée Sabéran était sur place pour couvrir le conflit qui oppose en ce moment l'association caritative et la mairie de la ville, à propos de l'installation de douches supplémentaires destinées aux migrants, a précisé le quotidien

Selon Didier Degrémont, président du Secours catholique 62, interrogé par franceinfo, les policiers ont embarqué les deux femmes et les mineurs qui se trouvaient avec elles. "Nous souhaitions continuer à donner des douches à des mineurs dans le local de notre association. Mais un fourgon de CRS était posté non loin de l'entrée", explique-t-il, en précisant que les forces de l'ordre sont intervenues dès que la salariée est arrivée avec sa camionnette. "Il y avait quatre fourgons de CRS. Vous voyez un peu la démesure !" 

"Une atteinte au droit de propriété"

Pour Didier Degrémont, l'affaire illustre bien la "mise en place d'un système répressif" autour de la question des migrants à Calais. "C'est une opération d'intimidation pour empêcher que l'on donne des douches aux gamins. C'est très problématique et très lourd pour nous", déplore le président de l'association, décrivant un climat tendu depuis quelque temps. 

Lundi, la justice a donné raison au Secours catholique, qui se plaignait de la mise en place, par la mairie, d'une benne devant ses locaux. Pour la municipalité, il s'agissait de bloquer l'installation des douches. Le tribunal administratif de Lille a ainsi ordonné à la mairie de Calais de retirer "dans les 24 heures" la fameuse benne, jugeant que l'initiative prise par la mairie constituait "une atteinte au droit de propriété" de l'association.

"Nos actions ont toujours dérangé la mairie, qui est totalement dans le déni de la présence de migrants", souligne Didier Degrémont. Mais, pour lui, l'arrestation temporaire de sa salariée, des migrants et de la journaliste constitue un nouveau pas. "Cela n'a jamais été de cette nature."