"Pour l'instant, la France dit non" à l'ouverture d'un port à l'"Aquarius" et aux 58 migrants à son bord

Le navire humanitaire "Aquarius" a demandé, lundi 24 septembre, "à titre exceptionnel", à la France de pouvoir débarquer à Marseille avec 58 migrants à son bord.

Le navire humanitaire \"Aquarius\" arrive à Valence (Espagne), le 17 juin 2018.
Le navire humanitaire "Aquarius" arrive à Valence (Espagne), le 17 juin 2018. (HEINO KALIS / REUTERS)

Bientôt privé de pavillon, le navire humanitaire Aquarius a demandé, lundi 24 septembre, "à titre exceptionnel", à la France de pouvoir débarquer à Marseille les 58 migrants secourus à son bord, parmi lesquels 17 femmes et 18 mineurs. "Pour l'instant, la France dit non", a répondu mardi sur BFMTV le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire. Il estime que les "règles européennes doivent être respectées" : "Aujourd'hui, ce n'est pas le port de Marseille qui est le plus proche."

"Si nous voulons avoir une politique migratoire cohérente, il faut respecter les règles européennes. J'estime que la France prend une part de charge importante en accueillant beaucoup de demandeurs d'asile. Autant je pense que la France doit être fidèle à ses valeurs de droit d'asile pour protéger les plus menacés, autant je crois que nous devons dire non à la migration économique", estime Bruno Le Maire. Et d'ajouter : "C'est le président de la République, le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur qui décideront. Je pense qu'il faut être ferme et clair."

"Marseille n'est pas le port le plus proche"

"Le droit de la mer est clair : un bateau en difficulté doit être accueilli dans le port le plus proche, or Marseille n'est pas le port le plus proche", a renchéri sur franceinfo le secrétaire d'Etat, Sébastien Lecornu.

C'est un argument récurrent. Depuis le début de la crise provoquée cet été par la fermeture des ports italiens aux migrants, la France n'a jamais accepté de laisser débarquer les navires humanitaires, estimant qu'en vertu du droit maritime les naufragés doivent être débarqués dans le "port sûr" le plus proche.

"Il est très important que l'on respecte tous collectivement les règles"

"Comme l'Aquarius est proche de Malte, c'est Malte qui doit l'accueillir", a estimé pour sa part sur France Inter le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin. "Si demain, le Premier ministre considérait que le bateau avec des migrants est près des côtes françaises, il faut que la France accueille ces populations", a poursuivi Gérald Darmanin.

Gérald Darmanin en a profité pour tacler les autorités italiennes : "Il est très important que l'on respecte tous collectivement les règles, sinon les 'démagos' de l'Italie auraient raison. Il ne faut pas donner raison à M. Salvini, c'est très dangereux pour la démocratie et les règles de droit." Plus tôt dans la matinée, sur franceinfo, Médecins sans frontières a accusé les autorités italiennes d'avoir usé "d'intimidations, des menaces" pour que Panama retire son pavillon au navire humanitaire.