Italie : Matteo Salvini veut recenser les Roms avant d'éventuelles expulsions

Son objectif est d'éventuellement expulser ceux de nationalité étrangère, et, "malheureusement" de garder les Italiens – ce sont ses termes.

Matteo Salvini, ministre de l\'Intérieur italien, lors d\'une prise de parole à Turin (Italie), le 15 juin.
Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur italien, lors d'une prise de parole à Turin (Italie), le 15 juin. (MAURO UJETTO / NURPHOTO / AFP)

Nouvelle polémique en Italie. Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur, a annoncé le prochain recensement des Roms vivant en Italie, lundi 18 juin. Son objectif est d'éventuellement expulser ceux de nationalité étrangère, et, "malheureusement" de garder les Italiens – ce sont ses termes.

Également patron de la Ligue, Matteo Salvini était interrogé sur une chaîne de télévision régionale de Lombardie, sa région d'origine. Il a expliqué qu'il souhaitait "voir qui, comment et combien ils sont". Cela permettra, selon lui, d'évaluer la possibilité d'expulser ceux de nationalité étrangère qui se trouveraient en situation irrégulière. Quant aux "Roms italiens, malheureusement, tu dois te les garder à la maison", a-t-il ajouté.

"Une trouvaille au parfum vaguement fasciste"

Ce projet de recensement a déclenché un tollé dans les rangs de l'opposition et une réaction prudente de la communauté rom. Dans un communiqué, l'Association Nation Rom a répondu que le point sur cette communauté avait déjà été fait l'an dernier par l'Institut national italien de la statistique (Istat). L'organisation a également réclamé une rencontre au plus vite avec le nouveau ministre.

"[Matteo] Salvini continue sa campagne électorale avec des mots toujours plus aberrants", a jugé de son côté une sénatrice du Parti démocrate (PD, centre-gauche), Simona Malpezzi, pour qui ce recensement est "seulement la dernière trouvaille au parfum vaguement fasciste" de la part du ministre de l'Intérieur. Matteo Salvini a déjà fait la une de l'actualité la semaine dernière en s'opposant à l'entrée dans un port italien de l'Aquarius, navire humanitaire chargé de 630 migrants.

>> Aquarius : Rome réaffirme qu'il n'y pas de place en Italie pour les navires d'ONG

"D'abord les attaques contre les migrants (...) et maintenant celles contre les Roms", a critiqué de son côté le chef de groupe du parti de gauche Libres et Égaux (LeU) à la Chambre des députés, Federico Fornaro. "L'important est de fomenter la haine et de créer un ennemi." "Certains parlent de 'choc', pourquoi ? Je pense seulement à ces pauvres enfants à qui on apprend à voler et l'illégalité", a réagi Matteo Salvini sur Twitter.