"Aquarius" : "Si on n'aide pas ces naufragés à traverser la mer, je pense qu'ils ne vont pas y arriver", témoigne un migrant arrivé à Paris

De nombreux migrants arrivés à Paris se disent choqués que L'Aquarius soit resté bloqué plusieurs jours avant de trouver un port d'accueil.

Des migrants secourus par l\'équipage de \"L\'Aquarius\" au large de la Méditerranée le 10 août 2018.
Des migrants secourus par l'équipage de "L'Aquarius" au large de la Méditerranée le 10 août 2018. (GUGLIELMO MANGIAPANE / SOS MEDITERRANEE)

De nombreux migrants de la porte de la Chapelle, à Paris, s'intéressent à la situation de L'Aquarius. Le navire de l'association SOS Méditerranée a encore une fois peiné pour trouver un port pour accoster, avant d'être autorisé mardi 14 août à jeter l'ancre à Malte.

Il faut dire que les migrants présents à Paris sont pratiquement tous arrivés en bateau en Europe, comme Emmanuel. Lui qui a survécu de justesse espère que L'Aquarius pourra poursuivre ses sauvetages. Il ne souhaite pas que ses "frères" se retrouvent dans la même galère. "Moi-même j'ai vécu cela, quand tu es dans la mer, tu peux mourir", raconte-t-il.

"L'Europe doit continuer à aider"

Mohamed, lui aussi, sait l'importance des bateaux comme L'Aquarius. "C'est très difficile, il y a la faim, la fatigue, donc c'est important d'être sauvés", témoigne-t-il.

Un peu plus loin, cet Ivoirien ne comprend pas que le navire de SOS Méditerranée soit bloqué en mer. "Je ne trouve pas ça normal, déplore-t-il.

Déjà qu'on met notre vie en danger en traversant le désert, il y a les difficultés en Libye, arriver en mer on refuse de nous secourir, c'est vraiment petit.Un migrant ivoirienà franceinfo

L'Europe doit se mobiliser, s'accordent à dire la plupart des migrants de la porte de la Chapelle. "L'Europe doit continuer à aider ceux qui tentent de traverser", estime Shag, un Soudanais. "Si on n'aide pas ces naufragés à traverser la mer, je pense qu'ils ne vont pas y arriver. Peu importe qui va le faire, n'importe quel pays d'Europe, mais il faut que quelqu'un le fasse."

Le reportage d'Alexandre Berthaud
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