Vidéo Emmanuel Macron en Ukraine : "Un peu de dignité", répond Clément Beaune aux critiques de l'opposition qui y voit une opération électoraliste

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Le ministre délégué chargé de l'Europe est revenu jeudi sur les accusations de l'opposition, qui estime qu'Emmanuel Macron a programmé sa visite en Ukraine de façon opportuniste par rapport au calendrier des élections législatives.

"Est-ce qu'une fois, dans cette campagne et chez M. Corbière, on peut avoir un peu de hauteur de vue et de dignité ?", s'est agacé sur franceinfo jeudi 16 juin le ministre délégué chargé de l'Europe, Clément Beaune, face aux critiques du député La France insoumise à propos de la visite d'Emmanuel Macron en Ukraine. Selon Alexis Corbière, le fait qu'Emmanuel Macron "choisisse ce moment-là", c'est-à-dire quelques jours avant le second tour des élections législatives, pour se rendre dans le pays, "interroge"."C'est un déplacement qui a lieu trois jours avant un scrutin déterminant", pointe du doigt le député LFI.

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 Alexis Corbière s'"interroge si c'est le peuple ukrainien que monsieur Macron veut aider ou sa propre équipe et son parti actuellement en difficulté"."Vous croyez que le chancelier Scholz est en campagne ? Vous croyez que le président du Conseil italien, Mario Draghi est en campagne ? Nous sommes à une semaine d'un Conseil européen", a-t-il rétorqué. Emmanuel Macron est en effet arrivé à Kiev avec les deux dirigeants, jeudi matin. "Nous, nous n'avons jamais hésité, été complaisant de Vladimir Poutine, contrairement à d'autres forces politiques", a renchérit ce membre du gouvernement.

Un soutien "massif et européen"

"Notre soutien à l'Ukraine, il est très clair, il est massif, il est européen", a aussi réaffirmé Clément Beaune. "Nous avons organisé, d'ailleurs, six trains de sanctions contre la Russie et deux milliards de soutien militaire à l'Ukraine au niveau européen pendant la présidence française de l'Union européenne", a-t-il souligné.

Il est aussi revenu sur les mots d'Emmanuel Macron, pour qui il ne faut pas "humilier" la Russie. "Le président de la République n'a jamais dit 'Nous n'avons pas à humilier Vladimir Poutine'", a-t-il affirmé. "Il a dit aujourd'hui, sans aucune ambiguïté : un, agression russe, soutien à l'Ukraine, sanctions contre la Russie ; deux, il y aura un temps - on l'espère - de cessez-le-feu puis de reconstruction de l'Ukraine." Clément Beaune évoque enfin un troisième temps, plus lointain "dans lequel il faudra reconstruire avec le peuple russe, la société russe, [...] une relation en prenant des exemples historiques précédents".

"Malgré les agressions du passé, il faudra trouver un chemin pour le peuple russe où on n'est pas dans une forme d'enfermement dans l'histoire."

Clément Beaune, ministre délégué chargé de l'Europe

à franceinfo

Emmanuel Macron et Volodimir Zelensky "en ont parlé déjà au téléphone à plusieurs reprises". Le ministre délégué assure aussi qu'il "y aura ce débat" entre eux au cours de la visite du trio de dirigeants européens à Kiev.

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