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Témoignage Guerre en Ukraine : "Mes plus beaux souvenirs sont anéantis", regrette un soldat qui n'a pas vu sa fille depuis six mois

En Ukraine, les combats d'une grande violence continuent, notamment dans le Donbass. Un conflit qui nourrit un sentiment de sacrifice parmi la jeunesse la ukrainienne, comme Anton que franceinfo a rencontré.
Article rédigé par Thibault Lefèvre, Eric Audra
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min
Anton, soldat ukrainien, n'a vu sa fille de deux ans qu'une seule fois depuis le début de la guerre. (THIBAULT LEFEVRE / RADIO FRANCE)

Bakhmout, Avdiïvka, Vouhledar, Koupiansk... Autant de batailles pour des petits bouts de territoires de l’Est de l’Ukraine et des combats d’une violence inouïe, presque au corps-à-corps dans le centre-ville de Bakhmout par exemple, et à l’artillerie lourde dans les tranchées. Les soldats y meurent, par dizaines, mais les autorités ukrainiennes ne communiquent pas sur leurs pertes. Et encore moins sur l'âge, souvent très jeune, de ces victimes.

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Le plus dur, pour ces soldats, c'est, peut-être, de ne pas voir grandir son enfant. Anton, papa d'une petite fille, est mobilisé depuis le 28 février 2022 : "Elle s'appelle Valéria", glisse-t-il. Elle avait un an quand il est parti au front. Depuis le début de la guerre, il se bat au plus près des lignes ennemies dans la région de Kreminna. Il n'a vu son bébé qu'une seule fois : c'était lors d'une brève permission d'une semaine, il y a six mois. "Tous ces moments de bonheur, me promener, jouer avec ma fille... Ils n'existent plus. Ils se sont envolés. Les plus beaux souvenirs sont anéantis", confie-t-il à franceinfo.

"Avant, je pensais vivre en Europe"

Comme Anton, Yaroslav traîne son spleen dans les rues de Sloviansk. Ce médecin, intégré à un bataillon de chars, rêvait de découvrir le monde. En avril, cela fera un an qu'il ne quitte plus le Donbass. Et, depuis, sa "maison [lui] manque" : "Avant, je pensais vivre en Europe, en Espagne par exemple, en France ou en Italie. La guerre a changé mon regard, témoigne Yaroslav. J'ai compris que j'étais Ukrainien et que je voulais vivre ici".

Et quand la guerre sera terminée, Yaroslav ira dès que possible à la mer et peut être même en Crimée ukrainienne, dit-il. Après la victoire, évidemment.

Le récit d'une jeunesse sacrifiée par la guerre, le reportage de Thibault Lefèvre

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