Reportage Guerre en Ukraine : des soignants ukrainiens formés par des chirurgiens français à la médecine de guerre

La chaîne de l'espoir et l'ONG Mehad ont mis sur pied un centre de formation à Lviv pour former les soignants ukrainiens et enseigner les techniques propres aux zones de conflit. 

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Radio France
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Une femme apprend les gestes de premiers secours et comment faire un garot, à Ohepalu en Estonie, le 2 avril 2022.  (ALEXANDRE MARCHI / MAXPPP)

Des chirurgiens français sont en Ukraine pour former des soignants ukrainiens à la médecine de guerre. Un centre de formation a été mis en place par l'association La chaine de l'espoir et l'ONG Mehad à Lviv. Le week-end du 3 et 4 décembre, une une unité mobile se rend sur le front. 

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Les chirurgiens français vont venir près des combats à Kharkiv, Mykolaïv, et Dnipro, pour transmettre à leurs collègues ukrainiens ce qu'ils ont appris en Syrie et au Liban. À Lviv, près de la frontière avec la Pologne, le centre de formation tourne déjà à plein régime. Depuis Paris, alors qu'il assiste aux Rencontres internationales de la chirurgie francophone organisées par l'Académie nationale de chirurgie, l'organisateur, le professeur Raphael Pitti, peut dialoguer avec les médecins ukrainiens en formation, comme Artem.

Médecin à Marioupol, il a fui quand son hôpital a été bombardé. Maintenant, il suit un cours sur l'échographie au centre de Lviv avec une dizaine d'autres soignants. Ce jour-là, il regarde attentivement une jeune femme qui se fait ausculter l'abdomen. À des centaines de kilomètres de là, un robot permet aux équipes en France de superviser ces travaux pratiques : "C'est un entrainement à l'échographie. Elle se fait en 3 minutes et donc c'est vraiment l'échographie d'urgence. On peut être formés en 48 heures", glisse le professeur Pitti.

Crainte de l'utilisation des armes chimiques 

L'échographie sur une zone de guerre est essentiel pour repérer des lésions internes. Les Ukrainiens ont aussi demandé au professeur Pitti à être formés aux traumatismes psychologiques et aux blessures provoquées par les armes chimiques. "Il y a eu, à Marioupol, j'en suis persuadé, des armes chimiques qui ont été utilisées pour faire sortir les soldats ukrainiens cachés au fond de l'usine [Azovstal], accuse le professeur. Et ils réutiliseront le chimique, comme ils l'ont utilisé en Syrie. Ça, c'est certain. Les Ukrainiens le savent et le craignent." 

Les médecins ukrainiens seront aussi formés à la chirurgie de guerre, avec le professeur François Pons, ancien directeur de l'École du Val-de-Grâce. "Un blessé grave hémorragique, blessé de guerre en particulier, il faut l'opérer très vite sans chercher à tout réparer", explique-t-il. On ne cherche pas à réparer l'intestin, on le ferme. On ne ferme pas l'abdomen, on met un système de manière à pouvoir y revenir". Il assure que cette façon de soigner a permis de sauver les blessés les plus graves : "Cela a aussi l'avantage d'aller très vite, y compris pour les blessés moins graves. Donc on peut traiter plus de blessés." 

En trois mois d'existence, ce centre de formation implanté à Lviv a permis de former une centaine de médecins ukrainiens.

Des chirurgiens français forment des soignants ukrainiens : le reportage d'Anne-Laure Dagnet
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