Ukraine : Washington met en garde Moscou, après des manœuvres dans l'ouest de la Russie

Le président russe montre les muscles alors que Moscou souhaite garder Kiev dans son giron après le renversement du président Ianoukovitch.

Un soldat fait le salut militaire lors d\'une manœuvre de l\'armée russe à Saint-Pétersbourg (Russie), le 27 janvier 2014.
Un soldat fait le salut militaire lors d'une manœuvre de l'armée russe à Saint-Pétersbourg (Russie), le 27 janvier 2014. (ANNA VOLKOVA / RIA NOVOSTI / AFP)

Une intervention militaire de la Russie en Ukraine constituerait une "grave erreur", a prévenu le secrétaire d'Etat américain John Kerry, mercredi 26 février. Par ailleurs, Washington envisage de garantir des prêts à hauteur d'un milliard de dollars en faveur de Kiev. Ces annonces interviennent alors que des tensions diplomatiques ont éclaté entre Moscou et les Occidentaux sur le dossier ukrainien.

La mise en garde américaine, les manœuvres russes

"Pour un pays qui s'est si fréquemment exprimé contre une intervention étrangère en Libye, en Syrie et ailleurs, il est important pour lui de tenir compte de ces mises en garde", selon le chef de la diplomatie américaine. "Nous ne croyons pas que ce soit une affaire entre l'Est et l'Ouest, entre la Russie et les Etats-Unis. Ce n'est pas Rocky IV."

Le même jour, le chef de l'Etat russe, Vladimir Poutine, a ordonné l'organisation en urgence de manœuvres militaires dans l'ouest de la Russie. "En accord avec un ordre du président de la fédération de Russie, les forces militaires stationnées à l'ouest ont été mises en alerte à 14 heures (11 heures, heure française)", a déclaré Serguei Shoigou, ministre de la Défense, cité par l'agence Interfax. L'opération doit durer jusqu'au 3 mars.

La Russie ne reconnaît pas le nouveau pouvoir à Kiev

L'Union européenne a invité la Russie à laisser Kiev choisir sa "voie", après les évènements du week-end, tandis que Moscou a évoqué la montée d'une tendance "néofasciste" dans l'ouest nationaliste et pro-européen de l'Ukraine.

Vladimir Poutine ne s'est pour l'heure pas exprimé publiquement sur l'arrivée d'un nouveau pouvoir à Kiev. Le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a tout de même jugé lundi que c'était "une aberration de considérer comme légitime ce qui est en fait le résultat d'une révolte". "Il nous sera difficile de travailler avec un tel gouvernement." 

Une stratégie risquée

Une intervention militaire russe en Ukraine n'est pas à l'ordre du jour, et pourrait coûter cher à la Russie. "Les options du Kremlin sont limitées, analyse Le Monde. Se lancer dans une surenchère avec l'UE sur l'Ukraine serait risqué et coûteux. Intervenir directement ou bien favoriser des mouvements sécessionnistes dans les régions russophones pourrait provoquer des débordements en Russie", écrit le journal.

Reste que le ministre britannique des affaires étrangères, William Hague, a estimé dimanche qu’il "ne serait vraiment pas dans l’intérêt de la Russie" d’intervenir militairement en Ukraine. Et lors d'une conversation téléphonique, le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, et son homologue russe Sergueï Lavrov ont demandé des mesures urgentes pour ramener le calme en Ukraine, précise le ministère allemand dans un communiqué. La voie du dialogue n'est pas encore rompue.