Guerre en Ukraine : "Tuer une pensée c’est extrêmement grave", affirme Muriel Mayette-Holtz, directrice du Théâtre National de Nice

Muriel Mayette-Holtz précise qu'à Nice, deux appartements vont être mis à disposition d'artistes ukrainiens ayant fui leur pays.

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Radio France
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Le théâtre national de Nice le 2 août 2021. (GILLES TARGAT / GILLES TARGAT)

Le monde de la culture se mobilise dans le cadre d'un accueil des artistes qui fuient la guerre en Ukraine. "Tuer une pensée c’est extrêmement grave et on essaye qu'elle reste vivante", déclare Muriel Mayette-Holtz, directrice du théâtre de Nice qui va mettre en place des dispositifs aussi bien matériels que culturels.

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franceinfo : Comment cette mobilisation de solidarité se traduit dans votre Théâtre National de Nice ?

Muriel Mayette-Holtz : On est tous bouleversés. On considère, je crois que c'est le cas de tous les artistes, que tuer une pensée c’est extrêmement grave et on essaye qu'elle reste vivante. Nous allons proposer deux appartements pour les artistes qui ont pu fuir, j’espère, momentanément leur pays. On essayera de multiplier si jamais c'est nécessaire. Mais au-delà d’un refuge physique, il faut aussi leur permettre de continuer leur travail. Et donc, on leur ouvrira nos plateaux, notre atelier de construction pour qu'ils puissent continuer à s'exprimer, pour que la pensée reste vivante.

A votre connaissance, des artistes ukrainiens sont-ils d'ores et déjà arrivés à Nice ?

Certains sont déjà dans le sud et notamment vers Marseille. Et j'attends dans les heures qui viennent la possibilité d'avoir des noms d'artistes qui seraient d'accord pour venir à Nice. L'urgence aujourd'hui, je crois, c'est de les accompagner dans cette guerre atroce, donner des moyens financiers, donner des moyens physiques, c'est à dire des vivres, de quoi pouvoir résister et surtout leur permettre d'être accueillis dans les meilleures conditions. Si à un moment donné, ils arrivent sur notre territoire.

Prévoyez-vous des actions culturelles ?

On lit tous les samedis des textes de poètes ukrainiens gratuitement dans notre théâtre pour essayer que cette parole demeure. Il ne faut pas faire cette démarche uniquement par bonne conscience, il faut la faire par conviction et donc toute la troupe s’est emparée des auteurs qui leur sont chers. Nous enregistrons aussi sur nos réseaux sociaux des textes d'auteurs ukrainiens pour qu'ils aient des espaces pour pouvoir s'exprimer. C'est la possibilité que leur histoire, que leurs convictions, que leur poésie, leur vision existent et continuent à être vivante. Il me semble que c'est une façon aussi d'accompagner une vraie résistance.

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