Guerre en Ukraine : les entreprises pourront payer une taxe pour empêcher leurs salariés de partir au front

Des députés de la majorité ont déposé un projet de loi pour permettre aux entreprises ukrainiennes de verser une taxe militaire, en échange de la possibilité de pouvoir conserver leurs salariés essentiels.
Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Les employeurs pourront conserver au maximum la moitié de leurs effectifs. (WOJTEK RADWANSKI / AFP)

En Ukraine, une frappe russe sur la ville de Krivy Khir a fait au moins neufs morts et des dizaines de blessés mercredi 12 juin. L’armée ukrainienne manque cruellement de soldats, le gouvernement a donc revu les règles de mobilisation abaissant l’âge pour être enrôlé de 27 à 25 ans. Mais Volodymyr Zelensky est aussi sur un fil car pour faire la guerre, il faut des moyens et donc que l’économie du pays continue. D’où le projet de loi déposé par des députés de la majorité : les entreprises pourront garder une partie de leurs salariés à la seule condition de payer une taxe.

La mobilisation a désorganisé la vie des entreprises qui du jour au lendemain se retrouvent privées de leurs salariés. L'équation est difficile à résoudre, reconnaît le député de la majorité Dmytro Nataloukha. "L’économie est en danger actuellement, mais c’est de l’économie que dépend le front, parce que sans argent, aucune guerre n’est possible à mener. La mobilisation des salariés a été chaotique et cela a causé l’arrêt d’entreprises pour quelques mois", explique-t-il.

Environ un million d'hommes exemptés

Il vient donc de déposer un projet de loi : banques, assureurs, fabricants de drones ou garagistes devront payer un impôt pour conserver au bureau une partie de leurs salariés, explique Dmytro Nataloukha. "L’employeur détermine lui-même quels sont les corps de métiers dont il a le plus besoin, les salariés les plus importants pour lui", précise-t-il.

"L’employeur va payer pour eux une taxe militaire de 20 000 ryvnias, soit 455 euros par mois, et comme ça il pourra compter sur eux pendant un an, ils ne seront pas mobilisés".

Dmytro Nataloukha, député de la majorité

à franceinfo

Les employeurs pourront conserver au maximum la moitié de leurs effectifs. Les députés estiment que seuls 15 à 20% sont essentiels à leurs entreprises, soit 700 000 à un million de personnes exemptées de servir dans l’armée.

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