Guerre en Ukraine : Kiev a mis en danger les civils avec son armée, d'après Amnesty International

L'ONG a trouvé des preuves que l'armée avait lancé des frappes à partir de zones résidentielles et avaient établi des bases dans des bâtiments civils. Elle insiste sur le fait que cela ne "justifie en aucun cas les attaques aveugles" de la Russie.

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Deux soldats ukrainiens dans un tank T-72 dans l'est de l'Ukraine, le 13 juillet 2022. (MIGUEL MEDINA / AFP)

L'armée ukrainienne a mis des civils en danger en établissant des bases militaires dans des écoles et des hôpitaux et en lançant des attaques depuis des zones peuplées pour repousser l'invasion russe, affirme Amnesty International dans un communiqué publié jeudi 4 août. De telles tactiques violent le droit international humanitaire, avertit ainsi l'ONG.

Entre avril et juillet, des chercheurs d'Amnesty International ont enquêté sur les frappes russes dans les régions de Kharkiv, du Donbass et de Mykolaïv, inspectant les sites touchés par des frappes et interrogeant des rescapés, des témoins et des proches de victimes.

Selon l'ONG, ces chercheurs ont trouvé des preuves que les forces ukrainiennes lançaient des frappes à partir de zones résidentielles peuplées et avaient établi des bases dans des bâtiments civils dans 19 villes et villages de ces régions.

L'Ukraine "indignée" par le rapport

La plupart des zones résidentielles où se trouvaient les soldats étaient situées à des kilomètres des lignes de front, note Amnesty International, soulignant que d'autres options qui n'auraient pas mis en danger les civils, comme des bases militaires ou des zones densément boisées à proximité, étaient possibles. L'ONG affirme qu'à sa connaissance, les soldats qui se sont installés dans ces zones d'habitation n'ont pas demandé aux civils d'évacuer.

Le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba, s'est dit en réaction "indigné" par les accusations "injustes" d'Amnesty International, dans un commentaire sous une vidéo publiée sur Facebook. Dmytro Kouleba a accusé en retour l'ONG de "créer un faux équilibre entre l'oppresseur et la victime, entre le pays qui détruit des centaines et des milliers de civils, de villes, de territoires et le pays qui se défend désespérément". De son côté, Amnesty avait insisté sur le fait que les tactiques ukrainiennes ne "justifient en aucun cas les attaques russes aveugles" qui ont frappé les populations civiles.

Dans la soirée, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a accusé l'ONG de "tenter d'amnistier l'Etat terroriste" de Russie. Amnesty International "transfère la responsabilité de l'agresseur à la victime", a-t-il ajouté.

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