Guerre en Ukraine : en hébergeant des réfugiés ukrainiens, certaines familles françaises "sont vraiment en souffrance", alerte une association

"Il est très, très compliqué de trouver des familles d'accueil", estime sur franceinfo la présidente de l'association Accueil Familles du Monde. "Le bénévolat a ses limites."

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Radio France
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Accueil des réfugiés ukrainiens en préfecture de Gironde, le 12 avril 2022 à Bordeaux. (FABIEN COTTEREAU / MAXPPP)

Claudine Charieyras, présidente de l'association Accueil Familles du Monde, a expliqué lundi 25 juillet sur franceinfo que certaines familles qui accueillent des déplacés ukrainiens "sont vraiment en souffrance". Depuis le début de la guerre en Ukraine, il y a cinq mois, plus de 5,5 millions d'Ukrainiens ont fui leur pays pour l'Europe, dont 100 000 en France. Le gouvernement avait annoncé début juillet une aide financière de 150 à 200 euros pour soutenir les familles françaises. "On attend avec impatience", car les familles "n'ont reçu aucune aide", a-t-elle indiqué.

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franceinfo : Est-ce une aide très importante pour les familles d'accueil ?

Claudine Charieyras : On attend tous avec impatience parce qu'on voit arriver l'hiver et les charges locatives qui vont être assez conséquentes pour les familles bénévoles qui, jusqu'à ce jour, n'ont eu aucune aide financière pour héberger les familles. Sur Pompadour (Corrèze), nous avons 44 personnes qui sont hébergées dans des familles bénévoles et qui, à ce jour, n'ont reçu, aucune aide, quelle qu'elle soit, aussi bien de l'État que des collectivités locales.

Est-il plus difficile, aujourd'hui, de trouver des familles d'accueil ?

Il est très, très compliqué de trouver des familles d'accueil. Le bénévolat a ses limites. Quand on héberge à la maison, soit à son domicile, soit dans un petit logement à côté. On veut bien le faire pour un mois, deux mois, trois mois, mais on ne voit pas d'issue et on se dit que l'on ne va pas pouvoir subvenir financièrement à toutes ces charges, puisque les personnes ne sont pas forcément des gens qui ont des moyens suffisants. Et puis, c'est aussi une charge émotionnelle. En ce moment, on est en train de travailler sur la scolarité des enfants, sur la recherche de logement pérenne, sur du travail. Ce sont les associations qui le font. C'est du bénévolat pour des humains. Ce n'est pas du bénévolat pour faire une activité sportive ou culturelle. C'est très affectif pour aussi bien les déplacés ukrainiens que les membres de l'association.

"J'ai des familles qui sont vraiment en souffrance parce qu'elles ne se sentent pas suffisamment aidées."

Claudine Charieyras, présidente de l'association Accueil Familles du Monde

à franceinfo

Les familles auraient voulu une date butoir ?
 
On sait très bien qu'on ne peut pas demander une date comme quand on aménage dans un logement et quand on le quitte, mais d'avoir un peu plus de vision, même sur du très long terme. Là, il n'y a aucune vision et ça, c'est très compliqué pour les familles hébergeantes. En plus, nous sommes à la campagne, il y des frais de déplacement quand on veut aller faire les courses, aller chez le médecin, à l'école ou à des rendez-vous administratifs. Ce sont des charges financières très, très élevées pour les familles.

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