Guerre en Ukraine : autour de Kiev, l'heure est au déminage après le départ de l'armée russe

Les champs et les bords de route, parfois même les maisons, sont truffés de munitions qui n’ont pas explosé. La neutralisation de ces engins par les autorités ukrainiennes ne fait que commencer. 

Article rédigé par
Jérémy Tuil et Faustine Calmel - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Des militaires portent un obus alors qu'ils travaillent à l'élimination des munitions collectées laissés par l'armée russe, région de Kiev le 20 avril 2022. (ANATOLII SIRYK / AVALON / MAXPPP)

Les camions descendent lentement au fond d'une carrière de sable. Loin des habitations, des militaires ukrainiens déchargent des obus, des mines, des explosifs qu'ils disposent avec précaution dans un grand trou. "Chaque jour mes collaborateurs identifient des obus, des munitions ou des objets non explosés, indique Mykola Muray, responsable du service pyrotechnique de la police dans la région de Kiev. Tous ceux que vous voyez là, nous les avons collectés en seulement une semaine.”

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Dans la région de Kiev, les habitants découvrent peu à peu les dégâts, et notamment les centaines de munitions non explosées laissées derrière eux par les soldats russes. Les opérations de déminage ont débuté et des experts sillonnent le territoire pour récupérer, désamorcer, et parfois faire exploser ces mines et ces obus qui ont fait plusieurs victimes ces derniers jours. 

Ces explosifs continuent de tuer des civils

Plusieurs dizaines d'engins ont été transportés dans la carrière de sable après des appels de riverains. "Nous avons eu treize appels pour des accidents, explique le responsable ukrainien Mykola Muray. Il y a des gens dont la voiture a sauté en roulant sur la route, d’autres sur le bas côté, d’autres encore qui ont pris une boîte dans leurs mains et elle a explosé.”

"Les Russes nous ont laissé beaucoup de mines justement pour toucher les civils."

Mykola Muray, responsable du service pyrotechnique de la police dans la région de Kiev

à franceinfo

Ce fléau risque de durer, prévient Mykola Muray : "La pratique montre qu’un an de guerre équivaut à dix ans de déminage. Les combats intensifs ont duré dans cette zone environ un mois. Je peux déjà vous dire qu'on en a pour un an à déminer tout cela." En attendant, tous ces explosifs continuent de tuer. Il y a deux jours un homme est mort, un autre blessé à l'ouest de Kiev dans la forêt.

Guerre en Ukraine : reportage de Faustine Calmel et Jérémy Tuil avec des démineurs près de Kiev
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