Dans le Rhône, une commune offre des bons d'achat aux familles qui accueillent des réfugiés ukrainiens

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France Télévisions

La commune de de Saint-Pierre-de-Chandieu dans le Rhône a distribué des bons d’achats pour soulager financièrement les familles qui accueillent depuis deux mois des réfugiés ukrainiens. #IlsOntLaSolution

Dès le début du conflit ukrainien, la commune de Saint-Pierre-de-Chandieu s’est mobilisée pour accueillir des réfugiés ou collecter des dons destinés à être envoyés en Ukraine. Il faut dire qu’en temps "normal”, cette ville de 4500 habitants située au sud-est de Lyon a pour habitude d'accueillir des Ukrainiens deux fois par an. Elle héberge en effet l'association Lyon-Lviv qui organise les concerts des Joyeux Petits Souliers, un ensemble chorégraphique ukrainien composé d’enfants.  

La solidarité s’est donc tout de suite mise en place avec un appel aux dons et aux familles d’accueil. Une trentaine se sont portées volontaires pour accueillir 57 réfugiés arrivés le 3 mars dernier après un périple de deux jours en bus.  

Depuis deux mois, de liens se sont tissés entre les habitants de Saint-Pierre-de-Chandieu et les 57 réfugiés ukrainiens. (V. Benais / France Télévisions)

Du court terme qui se prolonge

Deux mois plus tard, la situation s'est dégradée avec un conflit qui s’enlise. La solidarité imaginée dans l’urgence et pour le court terme est en train de se transformer. Les perspectives de paix et de retour au pays sont faibles, du moins pas dans un futur immédiat. Pour les familles d’accueil, cela signifie poursuivre l’effort de partage avec tout ce que cela implique en termes de cohabitation et de charges financières.

La présence de personnes supplémentaires finit par impacter le budget quotidien. "Certaines familles s’essoufflent note Anne-Marie Galayda, la pésidente de l'association Lyon-Lviv, et c’est normal après deux mois. On a une liste de familles, on essaie de voir ce qui ne va pas et de trouver des solutions".  

Fabienne Poex, maman de deux enfants et habitante de Saint-Pierre-de Chandieu, accueille depuis deux mois  Vica et Maria, deux jeunes réfugiées ukrainiennes.  (V. Benais / France Télévisions)

Un coup de pouce financier

La solution pour le moment, c’est un bon d’achat de 3700 euros répartis entre les 17 familles d’accueil. De quoi assurer près de 200 euros de course dans le supermarché local. Cela équivaut à un mois de prise en charge car on estime à 150-200€ le budget mensuel par personne accueillie. 

Il faudrait pouvoir renouveler cette aide régulièrement, mais cela s’avère compliqué pour la mairie qui a réussi à trouver de généreux donateurs pour cette fois mais difficile de réclamer cet effort tous les mois.  

La question du défraiement

Cette démarche pose la question de l’aide aux familles d’accueil qui, partout en France, se sont impliquées pour recevoir près de 15 000 Ukrainiens. Tout le monde se félicite de cette solidarité, l’Etat l’encourage mais à ce jour, aucune aide ou défraiement n’a été prévu pour ces généreux particuliers.

Ce qui n’est pas le cas dans d’autres pays, comme la Pologne qui indemnise les familles d’accueil à hauteur de 8 € par jour et par personne. En Angleterre, les habitants qui mettent à disposition gratuitement une chambre ou un logement pendant au moins six mois percevront plus de quatre-cents euros par mois. 

En France, pas de “défraiement” donc pour les familles. Si aide il y a, elle bénéficie aux réfugiés ukrainiens sous la forme d’une protection temporaire qui leur ouvre des droits : séjourner dans le pays pendant un an renouvelable, bénéficier des APL, d’une couverture santé, possibilité de travailler et pour les enfants d’aller à l’école. Une aide alimentaire auprès des Restos du cœur est également possible, et ce même si les réfugiés sont hébergés au sein d’une famille d’accueil.  

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