A Mykolaïv, sous la menace des bombardements russes : "Une brique a atterri dans mon canapé... On ne plaisante pas avec Poutine"

Le contrôle de cette ville du sud de l'Ukraine permettrait à l'armée russe de s'ouvrir l'accès à Odessa. Dans les quartiers touchés, chaque frappe laisse des traces chez les habitants.

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Radio France
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Un hôtel de Mykolaïv (Ukraine), cible d'un bombardement le 21 mars. (ERIC AUDRA / RADIO FRANCE)

C’est une ville dans laquelle les Russes ont perdu du terrain, mais qu’ils continuent régulièrement de bombarder. Mykolaïv, ville portuaire du sud de l'Ukraine, est un verrou pour Odessa, 130 kilomètres plus à l’ouest. Lundi 21 mars, un hôtel en plein centre a fait l’objet d’une frappe, sans faire de victimes, mais en laissant de vives traces parmi les riverains. La frappe a touché le centre du bâtiment, laissant un trou béant de trois étages. L’hôtel était vide, lundi à 13h, quand la bombe est tombée. Marina discutait avec ses voisins dans la rue à une cinquantaine de mètres. "Il y a eu un bruit impressionnant. Et puis on n'a plus rien vu, il y a eu un énorme nuage de poussière et de débris et on s’est précipités dans la cage d’escalier. On a eu très, très peur. Moi je voudrais quitter Mykolaïv, mais mon mari veut absolument rester."

Dans l’immeuble de Marina, et dans ceux du quartier, la moitié des habitants avait déjà fui avant cette frappe. Lundi, Ali buvait un thé à sa fenêtre quand l’hôtel juste en face a explosé. "Je me suis recroquevillé, et des débris me sont tombés dessus. Là, dans mon salon, une brique est passée par la vitre et a atterri dans mon canapé. On ne plaisante pas avec Poutine..."

Dans un appartement de Mykolaïv, après une frappe de l'armée russe. (JEROME JADOT / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Sur son palier, Ali nous montre la porte défoncée de son voisin. Défoncée non pas par le bombardement mais par le passage, dit-il, du service de sécurité ukrainien, quatre jours après. A l’intérieur de cet appartement, une femme aux yeux rougis, un homme au teint blafard. Il raconte avoir été plaqué au sol et frappé par trois membres de ce service de renseignement ukrainien. "Ils m’ont accusé sous un faux prétexte d’être prorusse, d’avoir dénoncé l’hôtel comme un endroit à cibler. Les membres du service de sécurité voulaient que je leur donne le nom d’un référent de l’armée russe… Ils me battaient pour que je leur dise cela."

Très inquiet, l’homme explique avoir simplement envoyé une photo de l’hôtel détruit à un ami. "Ils m’ont aussi reproché d’avoir publié sur Facebook une vidéo d’une personne dans le Donbass qui pleurait. J’avais trouvé ça dans une chaîne Telegram russe. Je la suis pour avoir d’autres sources d’information. Mais moi, je veux simplement la paix." L’homme s’est fait saisir son portable. Il vit désormais dans la peur des bombardements et de la vindicte des habitants du quartier.

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