Madrid dit (encore) non à une Catalogne indépendante

Les députés espagnols ont très largement rejeté, mardi soir, le projet de référendum sur l'indépendance de la Catalogne que les nationalistes de cette région auraient voulu organiser en novembre prochain. "Je ne conçois pas une Espagne sans la Catalogne" a déclaré le Premier ministre Mariano Rajoy. Mais les autorités catalanes refusent de désarmer.

(Albert Gea Reuters)

Le débat a eu lieu, mais il n'y a eu aucune alternative : la Chambre des députés espagnole a massivement rejeté, mardi soir, par 299 voix contre 47, le projet de référendum sur l'indépendance de la Catalogne. Les nationalistes, au pouvoir dans la région, comptaient l'organiser le 9 novembre prochain, et ils étaient venus plaider en ce sens à Madrid.

"Nous sommes venus au nom d'un peuple, le peuple catalan, qui veut et a toujours voulu se gouverner lui-même" (Jordi Turull, coalition CiU)

"Je ne conçois pas une Espagne sans la Catalogne ni une Catalogne hors de l'Espagne et de l'Europe " a asséné le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy. Il venait d'écouter, pendant plusieurs heures, les partisans du référendum. Dans son combat contre la possibilité d'une Catalogne indépendante, le gouvernement de droite a recueilli, sans surprise, le soutien de l'opposition de gauche.

Le référendum aura-t-il quand même lieu ?

Ce "non" officiel opposé par les députés espagnols, rangés derrière le Premier ministre qui se dit ouvert au "dialogue ", n'enterre pas les espoirs des nationalistes catalans. Le 9 novembre prochain, ils comptent bien appeler aux urnes les habitants de la région pour qu'ils répondent à cette double question : "Voulez-vous que la Catalogne soit un Etat ? " et si oui, "voulez-vous que cet Etat soit indépendant ? "

La bataille législative n'est pas finie. Le porte-parole du gouvernement catalan, Francesc Homs, l'a assuré mardi : "Il est évident que nous allons voter ". Après le vote des députés, le président catalan Artur Mas lui-même, à la tête d'une région autonome depuis 2006, l'a assuré : il va chercher d'autres "cadres légaux " pour organiser le référendum.