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Les manifestants qui occupent la la Puerta del Sol à Madrid depuis un mois, ont levé le camp dimanche

Après quatre semaines qui ont fait de cette place un symbole du malaise de l'Espagne face au chômage et à la crise, les "indignés" ont plié bagages dimanche lors d'un"déménagement" festif et coloré, en promettant qu'ils ne se tairont pas.Ils promettent de poursuivre leur mouvement, avec une série de manifestations dans les semaines à venir.
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Le campement des "Indigneros" de la "Puerta Del Sol" de Madrid, le 7 juin 2011. (AFP - Pedro Armestre)

Après quatre semaines qui ont fait de cette place un symbole du malaise de l'Espagne face au chômage et à la crise, les "indignés" ont plié bagages dimanche lors d'un
"déménagement" festif et coloré, en promettant qu'ils ne se tairont pas.

Ils promettent de poursuivre leur mouvement, avec une série de manifestations dans les semaines à venir.

Ces derniers jours, ils étaient déjà passés à d'autres formes d'action. Un sit-in nocturne, mercredi devant le parlement, ciblant la classe politique aux cris de "bien sûr, bien sûr qu'ils ne nous représentent pas".

Puis samedi, un face-à-face houleux avec la police anti-émeute pour accueillir la réélection du maire conservateur de Madrid, Alberto Ruiz-Gallardon.

"La place restera un lieu d'assemblées, chaque quartier continuera à travailler et nous poursuivrons le mouvement sur internet", explique un porte-parole du mouvement, Marcos Quesada, étudiant en droit de 19 ans.

Au milieu de la Puerta del Sol, ils mettaient la dernière main dimanche à la construction d'une structure en bois en forme d'arche, en planches de chantier et matériaux de récupération, leur futur point d'information permanent.

Sous la pression des autorités et des commerçants de la très touristique Puerta Del Sol, et confrontés à d'insolubles problèmes logistiques, sanitaires ou de sécurité, les manifestants avaient commencé dès dimanche 5 juin à démonter quelques unes des tentes du village alternatif.

Le mouvement était né spontanément le 15 mai d'une manifestation de citoyens autour de cibles disparates: le chômage qui frappe plus de quatre millions d'Espagnols et presque la moitié des moins de 25 ans, les politiciens taxés de cynisme et de corruption, les banques, les dérives du capitalisme.

Une fronde libertaire inédite en Espagne
Très vite, relayé par les réseaux sociaux, il a tissé sa toile à travers l'Espagne, dans une fronde au ton libertaire, inédite dans ce pays où des campements ont fleuri sur les places publiques de dizaines de villes et villages.

Leur plate-forme réclame une modification de la loi électorale, accusée de ne pas donner de place aux petits partis, la "transparence" des instances politiques et économiques, la participation des citoyens à la vie politique.

Mais les outils restent flous, les propositions concrètes rares, les leaders inexistants. Et l'avenir des "indignés" en point d'interrogation, malgré un large soutien de l'opinion publique.

"Ce soutien, c'est une folie, du jamais vu en Espagne", remarque Gabriel Cendal, un sociologue de 55 ans employé par le gouvernement régional de Madrid, qui vient de passer quatre semaines parmi les animateurs de la bibliothèque du camp. "L'avenir", dit-il, "je le vois très bien. La manière dont cela va s'articuler, personne ne sait".

Le mouvement, vecteur de l'angoisse de millions d'Espagnols face au chômage (21,29% des actifs) et la précarité sociale, se cherche maintenant un second souffle.

Jeudi soir, ils étaient plusieurs centaines à dénoncer également "les violences policières" après des incidents lors d'une manif d'"indignés" à Valence qui ont fait au moins 12 blessés.

Leur mouvement spontané a essaimé en Europe, notamment en Grèce.
(23 mai 2011)

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