Les 30 militants de Greenpeace détenus en Russie transférés à Saint-Pétersbourg

Les prisonniers ont quitté leur centre de détention de Mourmansk, dans l'Arctique, à bord d'un train non chauffé.

Le militant de Greenpeace Paolo Weber, photographié le 15 octobre 2013 à Mourmansk (Russie).
Le militant de Greenpeace Paolo Weber, photographié le 15 octobre 2013 à Mourmansk (Russie). (MAKSIM ZHARAVIN / RIA NOVOSTI / AFP)

Ils sont toujours détenus, mais ont changé de prison. La Russie a transféré de Mourmansk vers Saint-Pétersbourg, lundi 11 novembre, les trente membres d'équipage d'un navire de Greenpeace détenus après une action sur une plateforme pétrolière dans l'Arctique.

Les prisonniers ont quitté vers 5 heures (2 heures, heure française) leur centre de détention de Mourmansk et sont dans un train en direction de Saint-Pétersbourg, la deuxième ville de Russie, a indiqué une porte-parole de Greenpeace, Dannielle Taaffe.

Transférés dans des wagons non chauffés

La justice russe a confirmé cette information dans un communiqué, expliquant que les 30 détenus relevaient de la juridiction de Saint-Pétersbourg. Selon une source proche du dossier citée par l'agence Interfax, ils devraient arriver dans l'ex-capitale impériale mardi vers midi.

L'ONG souligne que les wagons destinés à transporter les prisonniers ne sont pas chauffés, alors qu'il fait actuellement aux alentours de 0°C à Mourmansk, une des villes les plus septentrionales de Russie, située au-delà du cercle polaire.

Les trente membres de l'équipage du navire Arctic Sunrise de Greenpeace, originaires de 18 pays différents, ont été arrêtés en septembre et placés en détention provisoire à Mourmansk. Certains d'entre eux avaient mené une action sur une plateforme de Gazprom en mer de Barents pour dénoncer les risques écologiques liés à l'extraction du pétrole dans cette zone.

Le tribunal international saisi

Les militants doivent répondre des accusations de "piraterie" (passible de 15 ans d'emprisonnement) et de "hooliganisme" (passible de 7 ans de prison). La première accusation devait être abandonnée pour laisser place à la seconde mais, selon le directeur de Greenpeace, les deux accusations sont toujours en vigueur.

La Russie a refusé jusqu'à présent de remettre les militants en liberté, malgré des protestations dans le monde et les demandes de pays étrangers. Le Tribunal international du droit de la mer doit rendre sa décision le 22 novembre sur la demande présentée par les Pays-Bas de faire libérer l'équipage. Cette juridiction des Nations unies compétente pour régler les litiges maritimes avait été saisie par ce pays car l'Arctic Sunrise bat pavillon néerlandais.