Législatives en Bulgarie : l'ancien Premier ministre affaibli par une percée du vote protestataire

L'ancien Premier ministre, arrivé en tête du précédent scrutin avec 26% des voix mais fragilisé par les protestations massives de l'an dernier, n'avait pu trouver de partenaire pour gouverner.

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France Télévisions
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Un homme vote pour les élections législatives bulgares, dimanche 11 juillet 2021 dans le village de Stara Reka. (DENISLAV STOYCHEV / NURPHOTO / AFP)

Les Bulgares, qui élisaient dimanche 12 juillet leurs députés pour la deuxième fois en trois mois, ont placé un nouveau parti antisystème, mené par un chanteur et animateur de télévision populaire, au coude-à-coude avec les conservateurs de l'ancien Premier ministre Boïko Borissov, affaiblis par les accusations de corruption.

Selon les différents sondages à la sortie des bureaux de vote, les deux formations étaient créditées de 21 à 23% des voix, le tout sur fond de forte abstention.

Il s'agit d'un net recul pour le Gerb de Boïko Borissov qui avait obtenu plus de 26% en avril, tandis que le parti populiste de Slavi Trifonov, baptisé "Il y a un tel peuple" (ITP), fait une percée, comparé aux 17,6% réalisés auparavant.

Casse-tête à venir pour former un gouvernement

Sur toutes les lèvres, une seule question : les partis réussiront-ils cette fois s'entendre pour former une coalition ? De l'avis des experts, Boïko Borissov "ne gouvernera pas car il est isolé", même si Gerb devait au final ressortir en tête. Fragilisé par des manifestations massives pendant l'été 2020, Boïko Borissov, 62 ans, a encore perdu du terrain depuis, face au flot de révélations du gouvernement intérimaire sur la corruption qui gangrène la Bulgarie, le pays le plus pauvre de l'Union européenne.

Les trois forces protestataires réunies (le parti de Slavi Trifonov, Bulgarie démocratique et Mafia Dehors) n'obtiendraient que 110 sièges sur les 240 du Parlement, d'après le comptage des instituts d'analyse qui laisse augurer d'un paysage morcelé.

Pour ce nouveau scrutin, le gouvernement intérimaire s'en est pris à une vieille pratique, celle de l'achat de voix par les partis politiques, qui concerne entre 5% et 19% des suffrages, selon l'ONG Anticorruption Fund. Plus de 900 personnes ont ainsi été interpellées ces dernières semaines car elles auraient tenté de soudoyer des électeurs, notamment dans les milieux défavorisés.

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