Coiffure d'Hitler, propos racistes... le leader du mouvement islamophobe allemand Pegida démissionne

La photo a été exhumée, mardi, par le tabloïd allemand "Bild".

Capture d\'écran du site du tabloïd allemand \"Bild\" qui publie une photo du fondateur du mouvement anti-islam Pegida, Lutz Bachmann, posant en Adolf Hitler.
Capture d'écran du site du tabloïd allemand "Bild" qui publie une photo du fondateur du mouvement anti-islam Pegida, Lutz Bachmann, posant en Adolf Hitler. (BILD.DE / FRANCETV INFO)

Le scandale n'a duré qu'une journée. Le leader du mouvement anti-islam allemand Pegida (Européens patriotes contre l'islamisation de l'Occident), Lutz Bachmann, a annoncé, dans la soirée du mercredi 21 janvier, sa démission après la parution dans la presse d'une photo le montrant affublé d'une petite moustache et d'une coiffure à la Adolf Hitler.

"Oui, je quitte la direction" du mouvement, a déclaré Lutz Bachmann au quotidien populaire Bild (article en allemand). "Je présente des excuses sincères à tous les citoyens qui ont pu se sentir offensés par mes publications [sur Facebook]", affirme Lutz Bachmann, dans un communiqué diffusé sur la page de Pegida. L'authenticité de la photo retrouvée sur Facebook et rendue publique par plusieurs journaux avait été confirmée par la porte-parole de Pegida, qui l'avait d'abord qualifiée de "plaisanterie".

Des propos accablants sur Facebook

Interrogé par Bild, le dirigeant du mouvement anti-islam et hostile aux immigrés qui organise à Dresde des manifestations tous les lundis depuis le 20 octobre, avait expliqué avoir fait ce cliché "chez le coiffeur" lors de la parution de la version audio d'un ouvrage satirique sur Hitler, Il est de retour, de l'Allemand Timur Vermes (2012).

D'autres déclarations de Lutz Bachmann, postées sur Facebook en septembre 2014, avaient également attiré l'attention. Le leader de Pegida, âgé de 41 ans et ancien braqueur, affirmait notamment qu'il n'y avait "pas de véritables réfugiés fuyant des conflits". Il les traitait également de "salauds" et de "bêtes". Le parquet de Dresde a dit "examiner" si ces propos constituaient une infraction, notamment celle "d'incitation à la haine raciale", selon son porte-parole.

Plus que la photo, qu'elle désigne sous le nom d"Hitler selfie" et dont elle estime qu'elle constitue "une satire, ce qui est le droit de tout citoyen", la porte-parole de Pegida explique que ce sont les propos de Lutz Bachmann qui ont choqué la direction du mouvement. "En tant qu'association, nous rejetons avec la plus grande virulence les propos publiés en septembre par Lutz Bachmann sur Facebook et désormais rendus publics, a-t-elle affirmé, ajoutant : ils ne contribuent pas à conforter la confiance dans les objectifs et les protagonistes de Pegida".