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"Vous ne riez plus maintenant !" d'un côté, "Vous mentez !" de l'autre : le match entre pro-Brexit et pro-Europe à Bruxelles

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et Nigel Farage, le leader du parti europhobe britannique Ukip, se sont envoyé des piques lors d'une session extraordinaire au Parlement européen.

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France Télévisions
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Nigel Farage, le leader de Ukip (à gauche) et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le 28 juin 2016 à Bruxelles. (JOHN THYS / AFP)

Le divorce se fait dans la douleur entre les pro-Européens et ceux qui ont milité pour le Brexit. Le Parlement européen s'est réuni en session extraordinaire, mardi 28 juin à Bruxelles, pour débattre de la marche à suivre après la victoire du "Leave" au référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. 

Les eurodéputés ont adopté –par 395 voix pour, 200 contre et 71 abstentions– une résolution non-contraignante réclamant l'activation "immédiate" par Londres de la procédure de retrait de l'Union. Mais la session a aussi été le théâtre d'échanges tendus entre les élus eurosceptiques et l'exécutif européen. Francetv info raconte ce match de boxe.

"C'est la dernière fois que tu applaudis ici", attaque Jean-Claude Juncker

En début de session, le président de la Commission européenne a rappelé qu'il respectait le vote britannique. "Il faut raison garder, mais je suis triste et je ne m'en cache pas. Ce n'est pas du sentimentalisme, c'est ma conviction profonde", a-t-il lancé. Il a été largement applaudi. Surtout par Nigel Farage, le leader du parti eurosceptique britannique Ukip qui a porté la campagne du "Leave" lors du référendum sur le Brexit. Celui-ci a continué d'applaudir quand tous les autres eurodéputés se sont arrêtés.

Jean-Claude Junker s'est alors retourné vers lui, en le pointant du doigt. "C'est la dernière fois que vous applaudissez ici, lui a-t-il lancé. Je suis vraiment surpris que vous soyez là. Vous vous êtes battu pour la sortie [du Royaume-Uni], les Britanniques ont voté pour la sortie. Pourquoi êtes-vous là ?" La déclaration ironique a été saluée par les rires et les applaudissements

"Vous ne riez plus maintenant", répond Nigel Farage

Nigel Farage a ensuite pris la parole. Revanchard, il lance aux eurodéputés : "N'est-il pas amusant que lorsque je suis venu ici il y a dix-sept ans en disant vouloir mener une campagne pour faire sortir le Royaume-Uni de l'UE, vous avez tous ri de moi. Vous ne riez plus maintenant, n'est-ce pas ?"

L'élu britannique a ensuite enfoncé le clou. "Je fais une prédiction : le Royaume-Uni ne sera pas le dernier Etat membre à quitter l'Union européenne", a-t-il lancé, avant d'être largement hué par l'hémicycle.

"Rangez vos discours de rageux", enchaîne Marine Le Pen

Marine Le Pen a pris la parole, au nom du groupe L’Europe des nations et des libertés, situé à l'extrême droite de l'échiquier européen. "Rangez vos mines boudeuses, rangez vos discours de rageux et réjouissez-vous de la libération des peuples", a lancé l'eurodéputée. Pour elle, le Brexit est "de loin l'événement historique le plus important qu'ait connu notre continent depuis la chute du Mur de Berlin" et "une gifle pour les tenants d'un système européen basé sur la peur".

"Vous avez menti", réplique Jean-Claude Juncker

Jean-Claude Juncker a repris la parole pour répondre à Nigel Farage. Au passage, il n'a pas manqué de souligner les approximations avancées par le chef de file des europhobes britanniques pendant la campagne du Brexit. Nigel Farage avait en effet affirmé que le Royaume-Uni versait chaque année 20 milliards de livres à Bruxelles, ce qui permettrait de financer la Sécurité sociale britannique une fois libérée de l'Union européenne. Il est ensuite revenu sur ses propos, après la victoire du "Leave".

"Si vous aviez dit ça avant, j'aurais pu vous féliciter, mais vous avez menti", a lancé Jean-Claude Juncker à Nigel Farage. Le président de la Commission européenne a ensuite terminé sa prise de parole sur une boutade : "J'ai aimé débattre avec vous, monsieur Farage, nous avons le même sens de l'humour. Je regrette beaucoup que ce soit la dernière fois que nous puissions débattre, car vous n'allez pas revenir."

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