VIDEO. Fatiguée par les négociations, Stoke-en-Trent, la "capitale du Brexit", veut passer à autre chose

Trois ans après le vote de juin 2016, les habitants de la ville du centre de l'Angleterre se sentent abandonnés par le gouvernement.

Trois ans, et deux reports du Brexit plus tard, Stoke-on-Trent perd patience. En 2016, les quelque 250 000 habitants de cette ville du centre de l'Angleterre avaient voté à plus de 69% en faveur du "Leave" pour quitter le Royaume-Uni. Un score largement au-dessus de la moyenne nationale (52%), qui a valu à la ville le surnom de "capitale du Brexit".

Aujourd'hui, ils doutent. "Ça affecte tous les secteurs. Le grand public ne savait pas que cela aurait des conséquences sur l'approvisionnement en médicaments et en nourriture. Nous n'étions pas suffisamment informés...", estime une commerçante. "Maintenant, je suis partagé. Les temps que ça prend pour le finaliser ou non, quelle que soit l'issue… Je pense que ce temps et cet argent auraient pu être mieux dépensés", suppose un autre. 

Une relation compliquée avec Boris Johnson

Boris Johnson, élu Premier ministre en juillet 2019, n'y fait plus l'unanimité. Certes, le boucher de la ville trouve qu'il est "assurément" la personne dont le Royaume-Uni a besoin. "Il a une bonne personnalité, il est taillé pour le rôle. Il est un peu comme Trump en Amérique : il fait les choses", assure-t-il à l'AFP. Et Susan Hood, septuagénaire qui a toujours vécu à Stoke-on-Trent, estime elle aussi que le Premier ministre britannique est l'homme de la situation. 

Pourtant, si des élections générales anticipées se tenaient dans les prochains mois, elle n'accorderait pas son vote à "BoJo". "Je voterais pour les libéraux-démocrates (qui veulent annuler le Brexit), ou pas du tout", confie Susan Hood, un peu perdue face aux multiples rebondissements du Brexit.

Des drapeaux, l\'Union Jack et la croix de Saint-Georges, accrochés à la fenêtre d\'un immeuble de la \"capitale du Brexit\" Stoke-on-Trent (Royaume-Uni), le 1er octobre 2019.
Des drapeaux, l'Union Jack et la croix de Saint-Georges, accrochés à la fenêtre d'un immeuble de la "capitale du Brexit" Stoke-on-Trent (Royaume-Uni), le 1er octobre 2019. (OLI SCARFF / AFP)