Royaume-Uni : le Parlement vote en faveur du nouveau plan de Theresa May, qui envisage un report "limité" du Brexit

Cette stratégie prévoit de reporter brièvement la date du Brexit – fixée au 29 mars – si les parlementaires britanniques rejetaient l'accord sur le retrait que Theresa May cherche actuellement avec Bruxelles, ainsi qu'une sortie sans accord.

La Première ministre britannique, Theresa May, à la Chambre des communes du Royaume-Uni, le 27 février 2019. 
La Première ministre britannique, Theresa May, à la Chambre des communes du Royaume-Uni, le 27 février 2019.  (JESSICA TAYLOR / UK PARLIAMENT / AFP)

La sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne pourrait intervenir un peu plus tard que prévu. Les députés britanniques ont apporté leur soutien, mercredi 27 février, à la nouvelle stratégie de Theresa May sur le Brexit, ce qui pourrait déboucher sur un report de la date du divorce.

Les élus britanniques ont voté dans une large majorité, par 502 voix contre 20, en faveur d'un amendement soutenant la proposition de la Première ministre britannique. Cette stratégie prévoit de reporter brièvement la date du Brexit – fixée au 29 mars – si jamais les parlementaires rejetaient l'accord sur le retrait qu'elle cherche actuellement avec Bruxelles, ainsi qu'une sortie sans accord.

D'après ce plan, Theresa May va soumettre au vote du Parlement, le 12 mars au plus tard, la version modifiée de l'accord de divorce qu'elle aura pu obtenir de Bruxelles. La première mouture de cet accord avait été massivement rejetée en janvier par les députés. Si cette nouvelle version est également recalée, la Première ministre demandera le 13 mars aux élus s'ils veulent sortir de l'UE sans accord. Et en cas de refus, elle leur soumettra le 14 mars une proposition de report "limité" du Brexit. 

Une stratégie possible "si elle est justifiée"

Un bref report de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne est une idée à laquelle Theresa May s'est toujours opposée. La dirigeante conservatrice a cependant dû s'y résoudre, face aux menaces de démission au sein de son gouvernement devant la possibilité d'une sortie sans accord.

Mais pour reporter le Brexit, il faudra que les pays de l'UE donnent leur accord à l'unanimité. Le président français, Emmanuel Macron, s'est dit mercredi prêt à examiner une telle demande "si elle est justifiée". "Nous ne pourrons en aucun cas accepter une extension sans une perspective claire sur l'objectif poursuivi", a-t-il prévenu, rappelant que l'accord de retrait ne pourrait pas être renégocié.

Même son de cloche du côté de Michel Barnier, négociateur européen sur le Brexit. Ce dernier a estimé qu'un éventuel report serait possible, à condition que les Britanniques expliquent à quoi ils veulent employer le temps supplémentaire alloué.