Rejet de l'accord sur le Brexit : "On ne sait pas où le système de gouvernance peut aller"

Après le rejet mardi de l'accord sur le Brexit par les députés britanniques, le député travailliste britannique Denis McShane évoque sur franceinfo une "ère totalement nouvelle".

Denis McShane, député travailliste britannique et ancien ministre britannique des Affaires étrangères.
Denis McShane, député travailliste britannique et ancien ministre britannique des Affaires étrangères. (MAXPPP)

"Je n'ai jamais vu en un demi-millénaire du système parlementaire en Angleterre, une défaite si écrasante", a réagi mardi 16 janvier sur franceinfo le député travailliste britannique Denis McShane, ancien ministre britannique des Affaires étrangères, après le rejet de l'accord sur le Brexit par les députés britanniques.
"On est dans une ère totalement nouvelle. On ne sait pas où le système de gouvernance peut aller", juge Denis McShane. Pour lui, c'est Theresa May qui "en porte la responsabilité".

Ce n'est pas l'Union européenne qui a voté pour le Brexit. Ce n'est pas l'Union européenne qui a publié des mensonges il y a trois ans.Denis McShaneà franceinfo

Il évoque les rumeurs des "cinq millions de Turcs débarquant en Angleterre" ou les "350 millions de livres sterling par semaine promises pour la santé". "Ce n'est pas la faute de l'Europe si les Anglais ont cru aux mensonges. C'est maintenant à nous, pas à Bruxelles, de décider ce qu'il faut faire."

Selon Denis McShane, il n'y a pas d'homme politique providentiel actuellement. "Le nouveau Churchill n'existe pas", affirme-t-il. Le député met également en cause le système référendaire dans les difficultés britanniques actuelles. "Il n'y a pas de cohabitation entre le système parlementaire et le système de plébiscite ou référendaire, poursuit le député. On a laissé glisser dans notre système un plébiscite et on est totalement pénétré par cette idée que le peuple a parlé, et les élus n'ont pas le droit de dire au peuple, "peut-être vous avez tort"". Selon le député travailliste, "un deuxième référendum est la seule façon de couper le nœud gordien".