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"On veut rester britanniques" : en Irlande du Nord, les unionistes mettent tout leur poids dans la balance bloquée du Brexit

À Belfast, dans le quartier protestant de Shankill Road, les commerçants redoutent un retour des contrôles et des douanes alors que les discussions du Brexit butent sur la question irlandaise. 

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Radio France
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Les bureaux de la Commission européenne à Belfast en décembre 2018 (illustration). (PAUL FAITH / AFP)

Les négociations sur le Brexit piétinent, en raison de la question de la frontière irlandaise. Aucun des différents scénarios ne fait consensus. À tel point que Michel Barnier, le chef des négociateurs européens, a proposé mercredi 17 octobre de prolonger d’un an la période de transition. En Irlande du Nord, toute allusion à une quelconque séparation avec Londres est repoussée, comme l'a constaté franceinfo à Belfast.

Le commerce suspendu aux décisions

Dans le quartier unioniste de Shankill Road, le drapeau britannique flotte sur toutes les vitrines. Pour les commerçants, Londres est la maison mère. Pour Margaret, il n’est pas question de s’en détacher. "On est britanniques et on veut le rester", lance-t-elle.

On veut conserver une union avec la Grande-Bretagne et on ne veut pas voir de frontière au milieu de la mer d’Irlande.

Margaret, commerçante

à franceinfo

"C’est très important de rester dans le marché britannique, parce qu’ici on produit beaucoup de lait et de viande, notamment du bœuf", ajoute Margaret. 

Et ce n’est pas rien. La viande de bœuf produite en Irlande du Nord a rapporté l’an dernier plus de 2,5 milliards d’euros à l’export. Un record établi grâce au marché britannique, explique Sam Glenn, boucher et négociant. "Nous achetons et vendons des bœufs qui viennent de la République d'Irlande, d'autres qui viennent d'ici et d'autres du Royaume-Uni. Une frontière maritime, ça ne peut pas fonctionner, argumente le commerçant. En plus on serait face à plein d'entreprises à l'extérieur de l'Union européenne qui cherchent aussi à vendre du bœuf au Royaume-Uni comme le Brésil, l'Argentine ou l'Uruguay." 

Le poids politique des unionistes 

Ce risque de concurrence et d'isolement de l'Irlande du Nord est dénoncé par les unionistes du parti DUP. Même si Theresa May leur a promis de conserver l'intégrité du Royaume-Uni, le directeur politique de la formation politique met en garde la Première ministre. Lee Reynolds redoute une trahison. "Le reste du Royaume-Uni sortirait de l’Union européenne, et pas nous ? En fait, ce n’est pas un "statut spécial" qu’on nous propose. On nous enlève notre pays, on nous prive de notre marché économique intérieur. On nous a raconté des mensonges", clame-t-il.

On a convenu avec Theresa May qu’on aurait une politique commune au sujet du Brexit. Alors si elle change d’avis, elle perdra sa majorité au Parlement.

Lee Reynolds, du DUP

à franceinfo

Sans le soutien des unionistes, la Première ministre perd la majorité absolue au Parlement. Et son gouvernement, déjà affaibli, pourrait s’écrouler...

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