Des navires qui restent à quai, interdits d'accès aux eaux britanniques au large du Tréport (Seine-Maritime). Celui de Jean-Pierre Sagot en fait partie. Plus de 4 millions d'euros investis pour un navire qui ne peut pas quitter la côte. Le fils et petit-fils de pêcheur, travaillant depuis 30 ans dans le métier, ne comprennent pas. "On voudrait savoir comment ils ont décidé de décerner les licences ou pas."Bras de fer diplomatiqueDans le port normand, quatre entrepreneurs n'ont pas reçu leur licence te doivent se rabattre sur les eux françaises, proches des côtés. Olivier Becquet, vice-président du comité régional des pêches de Normandie, alerte sur un possible épuisement des ressources. "À partir du moment où les navires ne peuvent pas aller dans les eaux anglaises, ils vont devoir se rabattre sur les espèces convoitées par la pêche côtière française, ce qui va créer un déséquilibre sur le marché." Le bouleversement se ressent déjà sur la terre. La moitié des espèces habituelles vendues par Eddy Hagnéré, poissonnier, manque à l'appel. 30% de son chiffre d'affaires s'est envolé. "On espère que ça va se résoudre, notamment pour les fêtes. C'est un manque à gagner pour tout le monde." Les négociations entre la France et le Royaume-Uni se poursuivent.