L'Union européenne et le Royaume-Uni posent leurs conditions pour leur relation post-Brexit

Boris Johnson à promis de ne pas faire de "concurrence déloyale" aux pays membres, mais a rejeté l'alignement sur les règles européennes.

Les drapeaux britannique et européen à Manchester (Royaume-Uni), le 30 janvier 2018
Les drapeaux britannique et européen à Manchester (Royaume-Uni), le 30 janvier 2018 (BENJAMIN FURST / HANS LUCAS)

Après le divorce, les pourparlers. L'Union européenne et le Royaume-Uni ont affiché lundi 3 février leurs conditions sur leurs relations post-Brexit. Le Royaume-Uni ne fera aucune "concurrence déloyale, qu'elle soit commerciale, économique ou environnementale" à l'UE, comme le craignent les Européens, a assuré le Premier ministre britannique Boris Johnson. Dans le même temps, il a rejeté tout alignement sur les règles européennes comme "prix du libre-échange".

"Je ne vois aucun besoin de nous contraindre par un accord avec l'UE. Nous allons restaurer notre pleine souveraineté sur nos frontières, l'immigration, la concurrence, les règles encadrant les subventions, les approvisionnements, la protection des données", a-t-il déclaré. Et d'ajouter que la coopération avec les Européens en matière de défense et de politique étrangère ne nécessiterait "pas nécessairement un traité".

Sorti vendredi soir de l'UE après 47 ans d'appartenance houleuse, le Royaume-Uni doit désormais redéfinir les modalités de sa relation avec le bloc européen réduit à 27, sur le plan commercial mais aussi de la sécurité, de la pêche ou de l'éducation. Les parties disposent pour cela d'une période de transition de 11 mois que Londres refuse d'ores et déjà de prolonger.

Pas de droits de douane à l'avenir ?

Mettant Londres en garde contre toute tentation de concurrence déloyale, l'Union européenne s'est dite de son côté prête à négocier "un accord commercial très ambitieux". Cet accord visera notamment à éliminer tous les droits de douanes et tous les quotas sur les biens échangés avec le continent, une proposition jamais vue de la part de l'UE avec ses partenaires, a précisé Michel Barnier, négociateur en chef de l'UE pour le Brexit.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a toutefois prévenu que le niveau d'accès du Royaume-Uni au marché unique européen dépendrait de son niveau d'alignement sur les règles communautaires.