"D'habitude je suis pour les conservateurs mais ils ont menti" : les pro-Brexit font de Nigel Farage le grand vainqueur des européennes

Le nouveau parti europhobe de Nigel Farage est arrivé en tête du scrutin européen dimanche. Reportage à Boston, le bastion des "Brexiters", où ces élections ont pris l'allure d'un second référendum.

La ville de Boston, dans le nord-est de l\'Angleterre, a enregistré le soutien le plus fort en faveur du Brexit. Le 18 avril 2019.
La ville de Boston, dans le nord-est de l'Angleterre, a enregistré le soutien le plus fort en faveur du Brexit. Le 18 avril 2019. (LINDSEY PARNABY / AFP)

C'est le jeune parti du Brexit, du populiste Nigel Farage, qui est le grand vainqueur des élections européennes au Royaume-Uni. Selon les résultats, le parti du Brexit a recueilli 31,71 % des voix et envoie 29 de ses députés au Parlement européen. Les conservateurs ont obtenu 8,71% des suffrages et l'opposition travailliste 14,05%.

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À Boston, sur la côte est de l'Angleterre, les élections européennes ont pris l'allure d'un second référendum. En conduisant Nigel Farage en tête des résultats, les électeurs ont confirmé qu'ils ne voulaient pas de l'Europe. Dimanche soir, ils ont suivi l'annonce des résultats nationaux dans un pub du centre-ville et ont savouré la victoire de cette formation, créée il y a quelques mois. À l'annonce des résultats, c'est l'explosion de joie. Perché sur un tabouret, John savoure : "C'est magnifique. Je vais faire la fête toute la nuit. C'est ma dixième bière", lance-t-il. 

Dans un bar de Boston, bastion des \"Brexiters\", sur la côte est de l\'Angleterre, dimanche 26 mai 2019.
Dans un bar de Boston, bastion des "Brexiters", sur la côte est de l'Angleterre, dimanche 26 mai 2019. (SANDRINE ETOA-ANDEGUE / RADIO FRANCE)

La campagne des européennes s'est largement focalisée sur la question du Brexit. Les résultats du scrutin européen au Royaume-Uni auront peu d'impact pour l'UE, le pays la quittant bientôt. L'enjeu est donc surtout national. "Le pays a besoin de changement", souffle une militante pro-Brexit de la première heure. Trois ans après le referendum contre le Brexit, c'est toujours "non" à l'Europe. Un autre militant explique pourquoi il a voté pour le parti du Brexit : "D'habitude je suis pour les conservateurs mais ils ont menti. Ils nous ont pris pour les imbéciles", lance-t-il. Pour lui, Nagel Farage "n'a pas peur de dire ce que tout le monde pense".

"Le Brexit maintenant ! Sinon ça va vous coûter cher"

Boston, bourgade rurale du nord-est de l'Angleterre, est une région connue pour ses immenses champs de fruits et de légumes où est employée une main d'œuvre bon marché, venue essentiellement d'Europe de l'Est. Une immigration qui provoque l'incompréhension et l'agacement de la population : "On a besoin d'une nation souveraine, de limiter l'immigration, surtout de l'Europe de l'Est. Ce n'est pas raciste. C'est la vérité", soutient un brexiter.

Pour Donald, un autre militant, une énorme pression repose désormais sur les épaules de celui ou celle qui va remplacer Theresa May : "Le (ou la) futur(e) chef(fe) des conservateurs et du gouvernement va y regarder à deux fois et se dire : 'Il faut que le Brexit aboutisse, sinon ce Farage va prendre nos sièges au Parlement'. Le Brexit maintenant ! Sinon aux prochaines élections ça va vous coûter cher", prévient-il. 

Le reportage de Sandrine Etoa-Andegue
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