Brexit : les députés britanniques acceptent d'étudier le contenu de l'accord de retrait, mais rejettent le calendrier proposé par Boris Johnson

Les députés estiment avoir besoin de plus de temps pour débattre ensemble de ce document de 115 pages, agrémenté de 126 pages d'explication.  

Le Premier ministre britannique Boris Johnson devant le Parlement, mardi 22 octobre 2019. 
Le Premier ministre britannique Boris Johnson devant le Parlement, mardi 22 octobre 2019.  (AFP)

Encore une journée cruciale du côté de Westminster. Les députés britanniques ont approuvé, mardi 22 octobre, en seconde lecture, le projet de loi qui vise à transposer dans la législation britannique l'accord de Brexit conclu avec Bruxelles (329 voix contre 299). Ce qui devait être une première victoire pour Boris Johnson a toutefois été suivie d'une déception.

Dans la foulée, les députés ont rejeté  (322 voix contre, 308 pour) le calendrier extrêmement serré proposé par le gouvernement pour débattre de ce projet de loi afin de permettre au Royaume-Uni de sortir de l'Union européenne le 31 octobre.

Ce calendrier prévoyait l'examen et l'approbation de la loi d'application de l'accord d'ici jeudi 24 octobre au soir. Les députés estiment avoir besoin de plus de temps pour débattre de ce document de 115 pages, assorti de 126 pages d'explication.

L'examen du projet de loi suspendu à Londres, Johnson s'en remet à Bruxelles 

Réagissant à ce revers, qui compromet sérieusement les chances d'une ratification avant le 31 octobre, le Premier ministre britannique a indiqué devant les députés qu'il comptait demander aux Européens "leurs intentions" concernant le report demandé samedi. En effet, faute de pouvoir faire adopter le projet de loi à temps pour parvenir à un Brexit ordonné d'ici au 31 octobre, Boris Johnson est contraint par la loi de demander un nouveau report de trois mois à Bruxelles. "En attendant leur décision, nous allons suspendre cette législation", a déclaré Boris Johnson.

Le président du conseil européen, Donald Tusk, a pour sa part consulté les dirigeants des 27 membres de l'UE sur la demande de prolongation de la date de sortie du Royaume-Uni. Il a déclaré mardi qu'il allait préconiser aux Vingt-Sept d'accepter un nouveau report du Brexit pour éviter le risque d'un "no deal".  "Je propose que cela soit décidé par procédure écrite", sans besoin de convoquer un sommet," a-t-il précisé, évitant ainsi aux chefs d'états et de gouvernement de faire une énième fois le déplacement à Bruxelles.