Brexit : l'Union européenne "a obtenu toutes les garanties" qu'elle souhaitait

Pour le président du Mouvement européen-France, Yves Bertoncini, "sur le fond, les 27 Etats membres de l'Union européenne et le Parlement européen, ont obtenu toutes les garanties qu'ils souhaitaient sur le droit des citoyens, notamment", a-t-il déclaré, vendredi sur franceinfo.

Theresa May et Jean-Claude Juncker, le 8 décembre 2017.
Theresa May et Jean-Claude Juncker, le 8 décembre 2017. (EMMANUEL DUNAND / AFP)

L'Union européenne et le Royaume-Uni se sont mis d'accord, vendredi 8 décembre, sur la première phase des négociations du Brexit. Les discussions concernaient la gestion de la frontière entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord, le règlement financier de la séparation avec l'Union européenne et les droits des citoyens expatriés.

L'Union européenne "a obtenu toutes les garanties" qu'elle souhaitait, a expliqué vendredi sur franceinfo Yves Bertoncini, président du Mouvement européen-France.

franceinfo : La conclusion de cette première phase est-elle rassurante ?

Yves Bertoncini : Oui, parce que sur le fond, les 27 Etats membres de l'Union européenne et le Parlement européen, ont obtenu toutes les garanties qu'ils souhaitaient sur le droit des citoyens, notamment, mais aussi la facture à payer avant le futur départ, mais aussi l'Irlande et l'Irlande du Nord. C'est rassurant parce que ça permet de passer à la suite avec de grandes difficultés qui risquent de commencer à moins que le Royaume-Uni ne puisse réviser ses positions.

Les enjeux autour de la frontière avec l'Irlande étaient très clairs. La réponse est-elle à la hauteur ?

Sur le papier, il y a une formulation suffisamment ambigüe pour que l'on puisse dire que c'est réglé, ou qu'en tous cas des progrès suffisants ont été faits vers le règlement. Il y a des points qui disent qu'en gros comme l'Irlande reste dans le marché unique, l'union douanière, l'Irlande du Nord va y rester de fait. Sauf si les autorités nord-irlandaises en décidaient autrement parce qu'elles considéreraient que, dans le cadre des accords de paix, on devrait faire autre chose. C'est intéressant comme point parce que ça préfigure que peut-être la meilleure façon de maintenir la fluidité des échanges c'est de rester dans le marché unique ou dans l'espace économique européen.

Quelle suite pour le Royaume-Uni ? Quel statut peut-il espérer ?

Il faut tenir compte de la volonté exprimée par le peuple britannique, mais quitter l'Union européenne cela peut vouloir dire beaucoup de choses. Cela peut vouloir dire, sortir du marché unique et de l'union douanière, c'est ce qu'affirme pour le moment Theresa May et à ce moment-là, ça signifie un statut proche de celui qu'a le Canada aujourd'hui. Mais ça pourrait aussi vouloir dire garder un accès au marché intérieur européen et à ce moment-là on est plutôt sur des statuts qui ressemblent à ceux de la Norvège ou de la Suisse. Il y a un éventail de statuts possibles pour le Royaume-Uni. L'Union européenne n'a pas de problèmes à les lui offrir puisque ces statuts existent déjà pour d'autres Etats tiers, à partir du moment où le Brexit sera acté, au printemps 2019.