Brexit : des ministres soupçonnés de comploter pour faire tomber Theresa May

Critiquée pour sa gestion du Brexit, la Première ministre britannique est sous la menace de manœuvres visant à la déloger, selon le "Sunday Times". 

Theresa May à Maindenhead, au Royaume-Uni, le 24 mars 2019. 
Theresa May à Maindenhead, au Royaume-Uni, le 24 mars 2019.  (ADRIAN DENNIS / AFP)

Et si c'était elle qui sortait ? Critiquée de tous côtés pour sa gestion du Brexit, Theresa May est sous la menace de manœuvres visant à la déloger, affirmait dimanche 24 mars le Sunday Times. Selon le journal britannique, elle pourrait céder sa place au vice-Premier ministre, David Lidington, un europhile, dans un rôle intérimaire. Le chef du service politique du Sunday Times estime que 11 membres du gouvernement veulent obtenir la démission de la dirigeante conservatrice. "Une fronde gouvernementale en bonne et due forme est en cours ce soir pour destituer Theresa May", a ainsi déclaré Tim Shipman. Avant d'ajouter : "La fin est proche. Elle sera partie dans dix jours." 

"Le gouvernement est bloqué. La confiance dans la démocratie s'effondre. Ça ne peut pas continuer. Nous avons besoin d'un nouveau Premier ministre", a tweeté samedi de son côté le député conservateur George Freeman, ancien conseiller de Therese May.

Les hésitations de la Première ministre alimentent un climat de crise, voire de fin de règne pour la dirigeante, avant une semaine cruciale pour les modalités du divorce. Un nouveau vote avait été présenté comme la suite logique du sommet européen qui s'est tenu cette semaine, lors duquel elle a obtenu un report du Brexit, fixant désormais au 12 avril au plus tôt l'échéance fatidique. Mais la dirigeante conservatrice a semé le trouble vendredi en laissant entendre que le vote pourrait finalement ne pas avoir lieu la semaine prochaine, "s'il apparaît qu'il n'y a pas suffisamment de soutien", ce qui semble fort probable.

"Changer de chef ne réglera pas le problème"

David Lidington a déclaré dimanche qu'il ne souhaitait pas succéder à Theresa May et qu'il n'avait pas le temps de s'adonner à des complots. "Changer" de dirigeant "ne réglera pas les problèmes", a rétorqué de son côté sur Sky News le ministre des Finances, Philip Hammond, cité par le Guardian comme l'un des conspirateurs. Il a jugé "déplacé" de vouloir faire tomber la Première ministre à l'heure où le Royaume-Uni affronte l'un des plus grands défis de son histoire contemporaine. Néanmoins, il a reconnu que certains de ses collègues conservateurs étaient "très frustrés" et "désespérés de trouver un moyen d'aller de l'avant".

Pour le secrétaire au Brexit, Steve Barclay, si le Parlement prend le contrôle de l'agenda du retrait britannique dans les jours qui viennent, le pays pourrait s'acheminer vers de nouvelles élections législatives. "Au bout du compte, conclusion logique, le risque d'élections législatives augmente parce que, potentiellement, vous avez une situation où le Parlement dit à l'exécutif de faire ce qui est contraire à ce pour quoi il a été élu", a expliqué le ministre au micro de la BBC.