Brexit : dernier jour pour demander un statut de résident permanent au Royaume-Uni, une "démarche très compliquée"

Un peu plus de quatre millions d'étrangers installés au Royaume-Uni doivent avoir déposé mercredi 30 juin au plus tard leur demande de résident permanent, sous peine de risquer l'expulsion. Les démarches nécessaires effraient certains, déjà installés ou qui envisagent de travailler outre-Manche. 

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Le fondateur de Vialma, Guillaume Descottes, sent que Londres attire moins les travailleurs étrangers, en raison notamment des démarches nécessaires pour obtenir le statut de résident permanent. (RICHARD PLACE / RADIO FRANCE)

Pas d'accès aux services médicaux, impossible de se faire embaucher, risquer l'expulsion du pays. C'est ce que risque les Européens vivant au Royaume-Uni, s'ils n'ont pas fait la demande de résident permanent avant mercredi 30 juin au soir. Un peu plus de quatre millions de personnes sont concernées. 

Parmi elles, Francesco. Ce quinquagénaire italien ne trouvait plus les papiers nécessaires, ne comprenait pas le fonctionnement de l'application par laquelle il peut demander son statut de résident permanent. Cet habitant de Londres sait bien que le Brexit est là, mais, jusqu'ici, c'était virtuel pour lui. Il n'avait pas besoin de ce précieux sésame avec son passeport italien. Alors, il s'y prend in extremis pour faire sa demande, avec l'aide d'une association. "Je ne l'ai pas fait avant parce que je ne pensais pas que c'était important", justifie Francesco. Une démarche qu'il trouve "très compliquée, on vous demande plein de trucs."

"Je vis à Londres depuis 18 ans. Je ne comprends pas pourquoi on me réclame ces documents."

Francesco, résident italien

à franceinfo

--> Si vous résidez au Royaume-Uni, retrouvez ici les démarches pour demander votre statut de résident permanent

Guillaume Descottes, lui, est venu en Angleterre pour les études. Il y a rencontré l'amour, puis développé sa société Vialma, une application spécialisée dans le jazz et la musique classique. Ce Français fait écouter à franceinfo une playlist appelée Boulangerie. "C'est un jeu de mots avec Nadia Boulanger, une très grande pédagogue, partie aux États-Unis, où elle a formé Leonard Bernstein, Miles Davis... tout le monde !", raconte Guillaume Descottes. "Je tombe par hasard sur cette playlist alors que l'on parle du Brexit. C'est parfait parce qu'elle représente la quintessence de ce que peut apporter l'ouverture au monde. Nadia Boulanger a vraiment changé la musique classique et le jazz au XXe siècle."

Londres perd de son attractivité

Sur les 24 salariés de Vialma, sept sont au Royaume-Uni. L'entreprise se développe mais les recrutements à Londres se compliquent. Le choix se réduit à cause des nouvelles formalités. "Londres est une capitale pour les start-up de la tech, donc il y a une très forte concurrence", explique Guillaume Descottes. "Il y a une vraie compétition pour recruter les meilleurs. On était sur un marché extrêmement pourvu de candidats très compétents, qui venaient de toute l'Europe. Là, on est en train recruter. La taille de notre société a doublé et quand on parle avec les candidats, on réalise que Londres a perdu de son pouvoir d'attractivité."

Une immigration mieux maîtrisée, notamment pour donner plus de travail aux Britanniques, c'est le calcul du Premier ministre Boris Johnson pour le Royaume-Uni post-Brexit. 

Démarches post-Brexit pour les résidents étrangers au Royaume-Uni : reportage de Richard Place
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