Après le rejet du calendrier de Boris Johnson, va-t-il y avoir un report du Brexit ?

Comme toutes les questions liées au Brexit, celle-ci ne présente pas de réponse claire et définitive. 

Le Premier ministre britannique Boris Johnson, à Westminster (Royaume-Uni), mardi 22 octobre 2019. 
Le Premier ministre britannique Boris Johnson, à Westminster (Royaume-Uni), mardi 22 octobre 2019.  (JESSICA TAYLOR / UK PARLIAMENT / AFP)

Le Royaume-Uni bénéficiera-t-il d'une nouvelle extension de l'article 50, équivalent à un nouveau report du Brexit ? Après le rejet par la Chambre des communes du calendrier très serré proposé par Boris Johnson pour examiner le projet de loi visant à transposer l'accord de Brexit négocié avec Bruxelles dans la législation britannique avant le 31 octobre, le Premier ministre ne devrait pas avoir d'autre solution que solliciter auprès des Européens un nouveau report. 

En vertu de la loi Benn, votée en septembre, Boris Johnson a envoyé, à contrecœur, une lettre sollicitant un délai supplémentaire, dès samedi 19 octobre. Que pourrait-il se passer désormais ? C'est simple. La balle est dans le camp bruxellois. 

Donald Tusk veut une extension de trois mois 

Dès l'annonce des résultats des votes à Westminster, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a consulté les dirigeants des 27 membres de l'UE au sujet de la demande de prolongation de la date de sortie du Royaume-Uni. Il a préconisé aux 27 d'accepter un nouveau report du Brexit pour éviter le risque d'un"no deal". "Je propose que cela soit décidé par procédure écrite, sans besoin de convoquer un sommet", a-t-il précisé, évitant ainsi aux chefs d'Etat et de gouvernement de faire une énième fois le déplacement à Bruxelles. 

La France veut une extension "de quelques jours" seulement

La France ne souhaite pas "étendre à l'infini" le processus de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, a déclaré la secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin, mardi soir. "Une extension est demandée : pour quoi faire ? Avec quelles justifications ? Nous savons que le temps seul n'apportera pas la solution, mais une décision politique. Nous ne pouvons pas étendre à l'infini cette situation", a-t-elle déclaré. 

"En fin de semaine, nous verrons si une extension purement technique de quelques jours se justifie, pour que le Parlement britannique puisse achever sa procédure parlementaire", a encore déclaré Aurélie de Montchalin. "En dehors d'une telle perspective, une extension destinée à gagner du temps ou à rediscuter de l'accord est exclue", a-t-elle ajouté.

Boris Johnson veut de nouvelles élections

De l'autre côté de la Manche, la presse britannique se fait l'écho de sources gouvernementales assurant que le pays se dirige vers de nouvelles élections générales, équivalent de nos législatives. 

"Le Parlement est complétement brisé. Le public devra choisir s'il veut que Boris [Johnson] en finisse avec le Brexit, où s'il veut passer l'année 2020 à faire deux référendums sur le Brexit et l'indépendance de l'Ecosse, sous un gouvernement mené par Jeremy Corbyn [leader de l'opposition travailliste]", a déclaré une source citée par l'agence Reuters. 

En tout cas, de nouvelles élections ne peuvent être envisagées dans le cas où l'Europe offrirait au Royaume-Uni la possibilité d'une extension courte. Or, le report demandé par Londres dans le cadre de la loi Benn s'étend jusqu'au 30 janvier 2020.