L'Ukraine glisse dans la guerre civile

Le 18 février 2014 est une date qui va compter dans l'histoire de l'Ukraine. Vingt-huit personnes au moins ont trouvé la mort dans une confrontation qui ressemble de plus en plus à une guerre civile. Mais la lutte de pouvoir ne se résume pas à un bras de fer entre le président Ianoukovitch et l'opposition. Le grand voisin russe ne veut rien lâcher.

Les affrontements ont fait au moins 25 morts le 18 février 2014 à Kiev
Les affrontements ont fait au moins 25 morts le 18 février 2014 à Kiev (AFP)
28 morts, 287 blessés hospitalisés. Soudain Kiev s'est embrasée comme jamais depuis le début de la confrontation en novembre 2013. la manifestation à l'époque semblait presque bon enfant.

Alban Mikoczy, le correspondant de France Télévisions en Russie, nous adressait à l'époque un reportage d'une place de l'indépendance à l'ambiance festive.Paroles de manifestants

Les positions se sont soudainement raidies. Le président Ianoukovitch poussé vers la sortie par l'opposition, ne lâche rien. Fort du soutien de la Russie à laquelle il a fait allégeance.

De plus, il serait faux de croire que la société ukrainienne est toute tournée vers l'Union européenne. Depuis l'indépendance, le clivage est constant entre pro-Russes et pro-Européens, rappellait Catherine Le Brech dans son article: Ukraine, une société clivée

L'économie est tout autant partagée entre Est et Ouest. Riche grenier à blé de l'ex-URSS, l'Ukraine est aussi une puissance industrielle forte de 46 millions d'habitants. Mais une puissance très liée à la Russie. On l'a vu quand Poutine a joué sur l'approvisionnement en gaz du pays, pour faire casser l'accord d'association avec l'Union européenne.

Et si l'Ukraine lorgne vers l'Ouest, elle ne peut pas couper les liens avec Moscou, rappelle Pierre Magnan dans son article:L'économie ukrainienne entre Europe et Russie.

Depuis le début de la contestation, il est clair que le destin de l'Ukraine semble de moins en moins entre les mains des ukrainiens. En novembre 2013, une partie de la société voulait un rapprochement avec l'Union européenne. Ianoukovitch a spectaculairement refusé un accord d'association avec Bruxelles. Pour Marie Mandras, professeure à Science Po, interviewée par Laurent Ribadeau Dumas, la bataille est d'abord économique et stratégique. Et le géant russe n'entend rien lâcher dit-elle dans l'article:La stratégie de Poutine.

Alors, les pro-Occidentaux auront bien du mal à s'émanciper de la Russie, si le pays glisse dans une guerre civile.