L'Ukraine et l'Union européenne ratifient leur accord d'association

L'accord a obtenu 535 voix, avec 127 votes contre et 35 abstentions, lors de ce vote qualifié d'"historique" par le président du Parlement européen, Martin Schulz.

Le président du Parlement européen, Martin Schulz (G) et le président ukrainien, Petro Porochenko (D), le 12 septembre 2014 à Kiev (Ukraine).
Le président du Parlement européen, Martin Schulz (G) et le président ukrainien, Petro Porochenko (D), le 12 septembre 2014 à Kiev (Ukraine). (ANADOLU AGENCY / AFP)

Le Parlement européen a ratifié mardi 16 septembre, en même temps que le Parlement ukrainien, l'accord d'association entre l'Union européenne et l'Ukraine. L'accord a obtenu 535 voix, avec 127 votes contre et 35 abstentions, lors de ce vote qualifié d'"historique" par le président du Parlement européen, Martin Schulz.

Ce traité est celui de la discorde. En annonçant en novembre 2013 que l'Ukraine ne le ratifierait pas, l'ancien président du pays, Viktor Ianoukovitch, avait suscité une vague d'indignation à l'origine de la crise que traverse encore le pays.

"Un premier pas" vers l'adhésion à l'UE

Le président ukrainien, Petro Porochenko, a quant à lui déclaré que la ratification de l'accord d'association constituait "un premier pas" important vers l'adhésion de ce pays à l'Union européenne.

"Qui sera opposé à la perspective d'adhésion à l'UE vers laquelle nous faisons aujourd'hui un premier pas déterminant ?" s'est-il interrogé devant les députés, quelques minutes avant le vote. "Le vote d'aujourd'hui est un choix de civilisation de l'Ukraine. L'Ukraine, c'est l'Europe", a ensuite proclamé le Premier ministre Arseni Iatseniouk.

Parallèlement, Kiev a adopté des lois garantissant une plus grande autonomie des régions prorusses de l'Est, l'organisation dans les districts séparatistes d'élections le 7 décembre et une amnistie sous conditions pour les rebelles et les militaires qui s'affrontent depuis cinq mois dans un conflit qui a fait plus de 2 700 morts.

Un accord surtout symbolique

Cet accord reste néanmoins symbolique à ce stade : après une réunion tripartite incluant la Russie, l'Union européenne a en effet annoncé vendredi que l'accord de libre-échange avec l'Ukraine, partie intégrante de l'accord d'association, était repoussé à fin 2015 pour permettre de nouvelles discussions avec Moscou, opposé au projet.

Ce report a déchaîné les passions en Ukraine, certaines critiques allant jusqu'à évoquer une trahison du président Petro Porochenko. Pour de nombreuses personnalités en Ukraine, cette concession au Kremlin rappelle les événements de fin 2013, quand, aussi sous la pression de Moscou, le président de l'époque Viktor Ianoukovitch avait refusé à la dernière minute de signer ce même accord d'association, déclenchant les manifestations qui ont fini par le balayer du pouvoir.

A l'Est, l'autonomie pour le Donbass

Kiev prévoit la mise en place d'un gouvernement autonome provisoire de trois ans à partir de l'adoption du texte et des élections le 7 décembre au niveau "des districts, des conseils municipaux, des conseils de villages" dans les régions de Donetsk et Lougansk. Ces annonces interviennent à quelques jours d'une nouvelle rencontre des signataires de l'accord dans la capitale bélarusse pour faire avancer le processus de paix.

Selon la présidence ukrainienne, ces propositions ouvrent la voie à une décentralisation tout en garantissant "la souveraineté, l'intégrité territoriale et l'indépendance" de cette ancienne république soviétique, faisant écho aux accusations de Kiev d'une volonté russe de créer dans l'est un Etat croupion.

Un "vice-Premier ministre" de la république autoproclamée de Donetsk, Andreï Pourguine, a accueilli fraichement les annonces de Kiev. La région industrielle du Donbass dont les rebelles prorusses ont fait leur fief n'"a plus rien à voir avec l'Ukraine", a-t-il déclaré à l'AFP.