L'arrestation d'un parrain de la mafia liée à la chute de Berlusconi ?

C'est ce qu'affirme Roberto Saviano, auteur d'un livre sur la mafia napolitaine, "Gomorra".

Michele Zagaria, chef du puissant clan Casalesi de la mafia napolitaine, escorté par des policiers à Castera, en Italie, après son arrestation, le 7 décembre 2011.
Michele Zagaria, chef du puissant clan Casalesi de la mafia napolitaine, escorté par des policiers à Castera, en Italie, après son arrestation, le 7 décembre 2011. (ROBERTO SALOMONE / AFP)

D'autres têtes de la mafia italienne vont-elles tomber ? L'arrestation de Michele Zagaria, chef du puissant clan napolitain Casalesi, mercredi 7 décembre, serait liée à la chute de Silvio Berlusconi en novembre, selon Roberto Saviano, auteur de Gomorra, un livre publié en 2006 qui s'est inspiré du clan.

"Je suis sûr que la chute du gouvernement Berlusconi et l’affaiblissement de son ancien secrétaire d’Etat à l'économie Nicola Cosentino, a conduit tout un groupe de personnes de ce 'milieu' à ne plus être assurées d’agir dans l’impunité et donc à coopérer avec la justice", affirme l'écrivain, qui vit toujours sous protection policière, à Euronews.

Reclus dans une cache souterraine

"Quand les protections politiques commencent à tomber, beaucoup de mafiosi commencent à avoir peur. Je pense que l’arrestation de Zagaria est également due à un changement politique et social en cours en Italie", poursuit-il.

Michele Zagaria, en fuite depuis seize ans, a été arrêté dans sa ville de Casapesenna. Cet homme de 53 ans, surnommé "tête cabossée",  avait été condamné par contumace à la prison à vie pour meurtre en 2008. Il vivait reclus dans une cache souterraine aménagée sous sa maison, d'une superficie de 50 m2 et dissimulée derrière un mur épais de cinq mètres, en béton armé.

"C'est la fin du clan Casalesi"

La police a coupé l'électricité et l'aération du bunker avant de forer le mur. A l'intérieur étaient accrochés des crucifix et des images saintes.

Pour Raffaele Cantone, ancien magistrat napolitain qui vit également sous protection policière depuis 2003, cette arrestation est aussi importante que celle du "capo dei capi" sicilien Bernardo Provenzano en 2006. "C'est la fin du clan Casalesi tel qu'on le connaissait, la fin d'une époque."