L'ADN du roi anglais Richard III trahit une infidélité royale

Le squelette retrouvé sous un parking à Leicester est, à 99%, celui du dernier roi d'Angleterre de la maison d'York, décédé en 1485. Mais son analyse soulève d'autres questions. 

Une réplique du squelette de Richard III retrouvé sous un parking est exposée à Leicester (Royaume-Uni), le 24 juillet 2014. 
Une réplique du squelette de Richard III retrouvé sous un parking est exposée à Leicester (Royaume-Uni), le 24 juillet 2014.  (LEON NEAL / AFP)

Richard III était-il un bâtard ? C'est la question que se posent des généticiens après l'analyse ADN menée sur le squelette du monarque retrouvé sous un parking anglais. En élucidant un mystère de cinq siècles, les recherches ont en effet révélé une infidélité de nature à jeter un doute sur la filiation de certains monarques britanniques, fait savoir mardi 2 décembre l'université de Leicester (en anglais), ville où ont été découverts les ossements en 2012.

Cette annonce est concomitante à la parution, dans la revue scientifique Nature (en anglais), d'un rapport certifiant à 99,9% la levée du mystère sur la disparition de la dépouille du dernier roi d'Angleterre de la maison d'York, mort sans laisser d'héritier à la bataille de Bosworth, en 1485. En résumé : le squelette retrouvé sous un parking est bien celui de Richard III.  

Voilà à quoi devait ressembler Richard III, selon des projections basées sur la reconstitution de sa tête. 
Voilà à quoi devait ressembler Richard III, selon des projections basées sur la reconstitution de sa tête.  (LEON NEAL / AFP)

Des questions sur la dynastie des Tudor

Mais tout n'est pas si simple. "Nous avons découvert une rupture dans la chaîne" génétique, souligne Kevin Schurer, vice-chancelier de l'université de Leicester, la ville où ont été découverts les ossements de Richard III en 2012. Par "rupture", il faut entendre l'apparition dans l'arbre généalogique d'un enfant illégitime.

Quid de la reine Elizabeth II, alors ? "Nous ne savons pas à quel niveau la rupture se situe... et nous ne sommes certainement pas en train de suggérer que sa Majesté ne devrait pas se trouver sur le trône", tempère Kevin Schurer. L'actuelle reine, qui appartient à la dynastie des Windsor, et Richard III ont des ancêtres communs.

Insistant sur "les tours et détours" de l'histoire de la monarchie britannique, Kevin Schurer estime que la "rupture" d'ADN détectée conduit à poser des questions sur la légitimité de Henry IV, Henry V, Henry VI et "toute la dynastie des Tudor", à commencer par Henry VII, Henry VIII, Edward VI, Mary I et Elizabeth I.

L'ADN du squelette correspond à celui de deux descendants, actuellement en vie, de la sœur de Richard III, Anne d'York (1439-1476). En revanche, impossible d'établir une filiation à travers la lignée masculine remontant jusqu'à John Gaunt (aussi appelé Jean de Gand, 1340-1399), premier duc de Lancaster et frère de l'arrière-grand-père de Richard III. D'où le soupçon d'adultère.