L'accès payant à la tombe de Karl Marx fâche des visiteurs marxistes

Il faut payer quatre livres sterling, soit 5,50 euros pour se recueillir sur la tombe de l'auteur du "Capital". Un droit qui gêne certains amoureux du philosophe allemand.

La tombe de Karl Marx, au cimetière de Highgate à Londres (Royaume-Uni), en avril 2011.
La tombe de Karl Marx, au cimetière de Highgate à Londres (Royaume-Uni), en avril 2011. (CORDULA DONHAUSER / DPA / AFP)

C'est ce que l'on appelle l'ironie de l'histoire. Pour accéder à la tombe du philosophe anticapitaliste Karl Marx, surmontée d'un imposant buste, dans le cimetière de Highgate, à Londres (Royaume-Uni), les visiteurs doivent payer quatre livres sterling (5,50 euros), rapporte le Wall Street Journal (en anglais), dimanche 25 octobre. Un droit d'entrée qui fait enrager certains fans du révolutionnaire allemand, auteur du Capital.

"Je trouve cela dégoûtant, les capitalistes ne reculent devant aucune ironie, aucun mauvais goût, quand il s'agit de gagner de l'argent", se plaint le militant marxiste Ben Gliniecki, dans le Wall Street Journal. Il estime que Karl Marx aurait été horrifié d'apprendre que l'accès à sa tombe était payant.

Marx "n'était pas un hippie"

Mais le Wall Street Journal souligne une autre ironie : Karl Marx est enterré dans un cimetière privé, entretenu par une organisation privée. L'association The Friends of Highgate répond d'ailleurs aux plaintes en invoquant la "redistribution du capital, car l'argent est utilisé pour l'entretien du cimetière". La fondatrice de l'association, Jean Pateman, affirmait même en 2008 qu'il "menait une vie de capitaliste. Il avait même mis au clou l'argenterie de sa femme".

Après tout, Karl Marx "pensait que tout travail devait être rémunéré", rappelle Alex Gordon, le président de la Marx Memorial Library. "Il ne croyait pas qu'on pouvait atteindre une société sans classes juste en refusant de payer pour des choses. Ce n'était pas un hippie", conclut-il.

Mais cela n'explique pas pourquoi l'association a autorisé, dans les années 1980, une marque de mode italienne à organiser une séance photo autour du monument, en échange d'une importante donation, comme le rappelle The Atlantic (en anglais). Ni la vente de produits dérivés à son effigie.